Déjà, la pochette est jolie : un morceau de papier crépon sur lequel est imprimé un carré doré, comme une feuille d’or. Une petite œuvre d’art, qui augure du meilleur : la musique de Picastro doit être belle et lumineuse, sophistiquée sans être tape-à-l’œil. Sans doute du post-rock délicat, du néo-classique plein de grâce, du folk rêveur. Play, et là, bonheur : c’est un peu tout cela à la fois. Une guitare acoustique, un violon, une batterie feutrée, puis cette voix féminine, douce, voilée, caressante. De cet entrelacs d’instruments joués au ralenti, on retient la douceur, l’apesanteur. Comme chez Rachel’s, Piano Magic, Silver Mount Zion, Boxhead Ensemble, Picastro cultive l’art du beau et de la lenteur. Cioran, Kundera, Picastro, même combat. Eloge de la torpeur. Magnificence de l’éther. Evaporés les soucis, le temps d’une écoute religieuse et sereine. Le monde de Picastro nous sauve. On s’évade, même si la vie, elle, continue.