Trois instrumentaux composés en l’honneur du chorégraphe Merce Cunningham, pour son ballet « Split Sides » : d’une joliesse abstraite et féconde, on s’y love avec délicatesse, comme un bébé dans son enveloppe amniotique. Dehors crépitent d’étranges bruits aquatiques, un piano fantomatique, des voix abyssales qui nous appellent à l’aide. Première sortie pour une major, « Ba Ba Ti Ki Di Do » montre des Sigur Ros aphones mais toujours inspirés. Une musique de rêve, d’avant la naissance : de cette innocence sereine on retiendra la plénitude contemplative, loin du déluge, du monde et de ses malheurs. « Ba Ba Ti Ki Di Do » : vingt minutes de balbutiements humains, de tâtonnements sonores. 2004, l’odyssée de l’espèce : sous la calotte glaciaire, la vie s’étire, éternelle… Jusqu’au prochain big bang universel, et le retour du rien, le silence, d’une beauté apaisante.