Au premier abord, la musique de Superlux navigue dans les eaux troubles du trip-hop le plus conventionnel : celui du milieu des années 90, dont les meilleurs ambassadeurs furent Sneaker Pimps, Moloko (première cuvée) et… Hoover (avant la renaissance Hooverphonic). Ces nappes synthétiques, ces soupirs féminins lascifs, cette basse lancinante : « Miss Moon » semble dater d’hier, bref de cette époque où Massive Attack faisait encore de bons disques… Une époque qu’on regretterait presque, si le trip hop n’était pas devenu depuis de la muzak de bar à tapas, une soupe marquetée juste bonne à écouter en fond sonore (et encore…), sans tâches ni prises de risques (et de tête). Heureusement Superlux a bien appris la leçon, et tente avec bonne foi de ne pas tomber dans ce genre de travers : depuis lors il y a aussi eu l’elektroklash, d’où ce « Baby Boo » à la sauce eighties, entre Human League, Zoot Woman et New Order. Opportuniste, Superlux ? L’effet de mode, tout au plus. Et puis « Mister Fokker » vaut bien son lot de Marc Moulin, ce qui déjà vaut le détour... Alors quoi, Superlux ? Pas super, mais bien quand même. L’album sort le 15 mars (« Winchester Fanfare »). On y reviendra.