Alors qu’on attendait impatiemment un nouvel album de Red House Painters, Mark Kozelek nous revient, non pas en solo, mais avec un nouveau projet: Sun Kil Moon. Un projet pour lequel il a reçu le concours du drummer de RHP, Anthony Koutsos, celui d’American Music Club, Tim Mooney, ainsi que l’ex bassiste de Black Lab, Geoff Stanfield. Sans oublier le trio à cordes issu du Conservatoire de San Francisco.
Nonobstant sa fidélité au style introspectif, mélancolique, « Ghosts of the great highway » explore de nouveaux horizons sonores. Une œuvre impressionniste qui évoque tantôt la littérature de John Steinbeck, tantôt l’imagerie capturée par les aquarelles d’Edward Hopper. Mark s’essaie même au cubisme (NDR : la période bleue ?), à travers « Pancho Villa » et « Duk Koo Kim ». Deux titres déjà paru précédemment, mais sous des formes différentes. Epopée psyché rock de plus de 14’, « Duk Koo Kim » est sculptée dans un subtil mélange d’acoustique (guitares sèches et mandolines) et d’électricité. Elle constitue d’ailleurs l’âme de cet opus. Quant à « Pancho villa », il achève l’opus sur un ton plus optimiste. A l’instar de l’instrumental « Si, Paloma ». Fermez les yeux et vous vous imaginez déjà sur le littoral hellène, que darde le soleil de ses rayons brûlants… Un seul fragment hausse le tempo : « Lily and parrots », une plage imprimée sur un rythme post punk ; une formule inhabituelle dans le chef de Kozelek. Si l’intensité blanche, ‘crazyhorsienne’ se consume avec la langueur vivifiante, tout au long de l’excellent « Salvador Sanchez », j’ai surtout flashé sur le beau et douloureux « Carry me Ohio », une composition dont la mélodie bercée de guitares bringuebalantes, me rappelle House Of Love. Et le reste est loin de manquer d’allure. Aussi bien « Last tide », un track sculpté dans le heavy folk, enrobé d’arrangements de cordes, réminiscent du 3ème et indispensable elpee de Led Zeppelin. Et puis le tendre et paisible « Gentle moon », caractérisé par ses notes de xylophone scintillantes, ses percussions feutrées et le ténor fragile de Mark. Un must ! A déconseiller, cependant, à ceux qui souffrent du spleen…