On les avait découverts dans la série des compiles « In The Fishtank », en compagnie de Black Heart Procession. « Lost » est en fait la musique d’une pièce de théâtre (signée Jakop Ahlbom), l’histoire d’un homme qui n’en peut plus de vivre dans ce monde d’aliénation qui est le nôtre. « Seabird Flavour », le morceau d’ouverture, installe l’ambiance, crépusculaire : on pense au post-rock de Mogwai et de Migala, voire aux disques de Carte Postale Records. Puis la batterie se fait plus lourde, le piano hanté : c’est « Lonely Shepherd » et ses relents slowcore (Black Heart Procession, justement). Un vibraphone rapplique ensuite, et Solbakken se met à jouer au lièvre et à la tortue (en anglais : « Tortoise ») avec nos sentiments. La tortue, Huysmans, Des Esseintes : décadence. Après l’interlude « Ring Of Fire » (cover de Cash), du rock noisy et du folk vocal (Patty Waters, ce genre), avant le retour des guitares reptiliennes. Solbakken, trio hollandais dans la lignée de The Ex, entretient la flamme d’un rock malade aux profondeurs troubles. S’y brûler revient à hurler son envie de vivre, malgré les turpitudes, malgré la faucheuse qui nous guette. Rien n’est perdu. Pas encore.