Le shoegazing, une vieille histoire, aujourd’hui à nouveau sous les projecteurs grâce aux talents conjugués de groupes comme The Notwist, Postal Service, Her Space Holiday, Windsor For The Derby, De Portables…. Le nouveau shoegazing, c’est l’indietronica : sous une couverture chauffante de bleeps cotonneux et rêveurs, les guitares se lovent et se frottent, « post coïtal animal triste ». Après l’amour, la vague à l’âme s’installe, parasitant l’instant précaire de ses décharges juvéniles. C’est l’ivresse du consommé, la petite mort qui crie famine. Tom Betts et Jonny Pilcher se couchent avec leurs guitares et leur ordinateur, pour accoucher d’une musique limpide et matricielle, rassurante comme la nuit qui se lève. Leurs mélodies côtoient les étoiles, jusqu’au trou noir du sommeil qui les plongent dans de vaseuses espérances. Ils chantent qu’ils « ont dormi trop longtemps » (« Too Long Sleeping »), et au réveil leurs joues sont marquées du sceau du plaisir. Ivres de cette lumière qui doucement les asperge, les deux tourtereaux abandonnent les berceuses, mais leur esprit reste engourdi. Le jour s’allume, mais dans leur tête c’est toujours le crépuscule. Dans le réconfort que distille leur musique, on s’endort les paupières légères. La nuit, le jour, s’annoncent sans lendemain, à l’abri des soucis.