De sa voix graveleuse comme un Tom Waits barbu, Ben Weaver (25 ans à peine) chante des histoires du bayou : ça sent l’Amérique, celle de Kerouac et de Carver… Douze traversées du désert qui, filmées par Wenders ou Peckinpah, auraient fait un grand film. Ben Weaver n’en est pas à son coup d’essai, mais cet album (le quatrième ?) est le premier à bénéficier d’une vraie distribution en dehors des terres labourées du Minnesota. Des terres où le gars white trash roucoule des jours paisibles, à écouter Johnny Dowd et Johnny Cash les bras croisés derrière la tête, sous le porche de la maison familiale. Au pays de Tom Sawyer, Ben Weaver s’amuse à jouer au cow-boy, mais sa musique n’a rien d’un rodéo : lancinante et poussiéreuse, elle colle aux santiags et ralentit la marche. Fatigant, mais au bout du chemin, la sensation d’avoir fait un beau voyage, à travers les plaines dégagées de l’americana la plus authentique.