Celui qui n’a jamais vu les Wampas en live risque de trouver ce disque un peu… pénible. Déjà, ces yé yé punks ne font pas dans la dentelle question musique : c’est du punk/rock primaire et con-con gueulé par un type écervelé, ânonnant des trucs débiles sur fond d’histoires d’amour. Mais en fin de compte peu importe, puisque c’est sur scène que le rock’n’roll déjanté des Wampas prend tout son sens : à voir l’un (Dider Wampas) gesticuler comme un malade et les autres tronçonner leurs guitares sur seulement trois accords, l’on se dit qu’en concert, les Wampas sont bien les meilleurs rockeurs de France. Mais comme c’est avant tout visuel, l’intérêt de ce disque s’avère rapidement limité, passé la première écoute : il faut voir Didier Wampas se jeter dans le public, embrasser tout le monde et sauter comme un beau diable… la musique, elle, passant au second plan. Il y a pourtant des tubes (« Manu Chao », « Comme un Punk en Hiver », « Télégramme de Brest »,…) et même une reprise irrésistible d’« Où sont les femmes ? » de Patrick Juvet… Mais c’est quand même du gros punk bien neu-neu. « Didier Wampas est le roi ! », scande le public. Certes, mais d’un pays où le rock serait devenu une grossière blague potache… De quoi semer le doute : Didier Wampas, « just a rigolo » ? On évitera de trancher : mieux vaux en rire qu’en pleurer.