On ne pense que du bien de l’Ecossais James Yorkston : depuis " Moving Up Country ", chef-d’œuvre inaugural paru il y a deux ans, ses comptines country-folk nous accompagnent dans nos doutes et nos douleurs, à la lumière des bougies et d’un espoir qu’on espère jamais vain. Pour ce deuxième album, James Yorkston n’a pas changé son fusil d’épaule, ni branché les fusibles : c’est toujours pareil, et en cela c’est plutôt rassurant. Il parle encore d’amour feint ou perdu, d’histoires de couples qui se délient, des saisons qui défilent, et c’est chanté à demi-mot, dans un murmure. Depuis les seventies, l’Angleterre n’avait plus connu de songwriters de la trempe de Yorkston. Même Will Oldham, génie jusqu’ici hors concurrence, ferait bien d’assurer ses arrières. Parce que ce disque recèle les plus belles complaintes folk qu’il nous ait été donné d’entendre ces dernières années. Folk, mais dans un sens purement traditionnel : ici ne sont convoqués que piano, guitare acoustique, banjo et flûte, bref le sacro-saint instrumental d’un genre qui sans cesse renaît de ses cendres. Produit par Kieran Hebden alias Four Tet, " Just Beyond The River " s’écoute le mieux en pleine nuit, quand le calme s’est emparé de tout… Pour s’apercevoir, sans grande surprise tellement c’est évident, qu’en écoutant ce disque, le temps s’arrête. Et c’est réconfortant, comme un rêve éveillé.