Paru en 1982, “Nothing Can stop us” réunissait quatre singles et leurs faces B, enregistrés par Wyatt à la fin des 70’s et au début des 80’s. En fait juste après qu’il adhère au parti communiste. On y retrouve donc « Auroco », un chant chilien dénonçant l’extermination des Indiens par les Latino-américains et sa flip side « Caimanera », adaptation du fameux « Guantanamera » de Pete Seeger. Ecrite par Jose Marti, cette chanson est également devenue l’hymne national de Cuba.
Signé Billie Holiday, « Strange fruit » pleure les victimes des lynchages racistes perpétrés dans le Sud de l’Amérique, tandis que l’autre face révèle « At last I’m free », un des meilleurs morceaux de Chic, qu’il a adapté à son timbre vocal cassé pour en réaliser une version bien plus émouvante.
Il réserve « Trade Union » et « Grass » à une formation Bengali établie à l’Est de Londres. On a ainsi droit à des élans impétueux de tablas, shinai, balayés par ses vocaux impassionnels qui communiquent un besoin urgent de formes traditionnelles.
Pour Wyatt, la démocratie a toujours été un mensonge, même la démocratie fondatrice grecque, qu’il considère comme un oasis de paroles libres et un océan de misère réprimée. Au verso de « Stalin wasn’t stalling », chant de propagande pro-stalinien chanté à l’origine par l’ensemble gospel américain The Golden Jubilee Quartet, Peter Blackman vient réciter son poème « Stalingrad ».
La compile recèle néanmoins deux compos plus personnelles : « Born Again Cretin » et « Red Flag ». Deux titres bien dans l’esprit du recueil ; encore que la musique du second est inspirée du chant de Noël traditionnel « Mon beau sapin », alors que les lyrics ont été adaptés par Jim Cornell.
Etonnant, cette version cd ne reprend pas le bonus track « Shipduilding », petit joyau mélodique issu de la plume du tandem Elvis Costello/Clive Langer, qui figurait bien sur la compile de 1982. C’est le seul bémol de cet opus. (Réédition album paru initialement en 1982)

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