Sept années déjà que Chris Isaak n’avait plus enregistré de nouvel album. Bien sûr, il ne s’est pas tourné les pouces, puisqu’il a sorti une compile, un ‘live’ et un disque de Noël ; mais surtout présenté un talk show à la TV, baptisé ‘The Chris Isaak hour’. « Mr. Lucky » fait donc suite à « Always Got Tonight », publié en 2002. Il s’agit de son neuvième opus studio. Un disque au cours duquel il partage deux duos vocaux. Tout d’abord « Breaking apart », en compagnie de Trisha Yearwood », une ballade romantique enrichie d’arrangements symphoniques. La version originale figurait déjà sur l’album « Speak of the devil » en 1998. Et puis de Michelle Branch, sur la ballade mid tempo « I lose my heart », une compo dont le sens mélodique me rappelle curieusement Abba. L’elpee recèle d’ailleurs plusieurs ballades mid tempo, interprétées dans l’esprit d’un Roy Orbison. Pas pour rien que le Californien soit considéré comme son fils spirituel. Ce ne sont pourtant pas les compos qui me bottent le plus. Et encore moins « We let her down », un tube hymnique qui pourrait figurer au répertoire de Simple Minds. Les plages plus country & western s’avèrent déjà plus intéressantes. A l’instar de « We’ve got tomorrow », enrichi d’une section de cuivres très néo-orléanaise. Ou encore du bluegrass teinté de charleston, « Take my heart ». Mais quand l’artiste laisse vagabonder sa guitare, les compos prennent une toute autre dimension. Que ce soit sur des tonalités surf, reverb ou tout simplement décapantes. Et je pense tout particulièrement à « My lonely man », imprimé sur un tempo rockabilly, à l’uptempo « Best I ever head », une composition très sudiste, qui lorgne manifestement vers Lynyrd Skynyrd. Sans oublier les intenses « We lost our way » et « Very pretty girl », deux titres qui suintent d’électricité vivifiante. L’elpee s’achève même par un blues saignant intitulé « Big wide wonderful world ». A 52 balais, Chris en a encore sous la pédale ; le tout, c’est qu’il n’oublie pas d’appuyer dessus…

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