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Lovers at the Gun Club

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Surnommé le Johnny Cash britannique, Jackie Leven n’est pas né de la dernière pluie. Agé bientôt de 60 balais, cet Ecossais a débuté sa carrière musicale fin des sixties, sous le patronyme de John St Field. Son tout premier elpee date d’ailleurs de 1971. En 1978, il fonde Doll By Doll, formation punk/psyché/blues devenue aujourd’hui mythique. Le combo va d’ailleurs enregistrer quatre albums avant de splitter en 1983. Leven embrasse alors une carrière en solitaire. Mais victime d’une agression, pendant l’enregistrement de son album solo, il devient presque aphone. Démoralisé, l’artiste s’abandonne à l’héroïne. Il lui faudra dix ans pour sortir de cette addiction (NDR : on ne lui connaît que de brèves apparitions sur l’un ou l’autre single de ses amis) ; et en 1994 sa carrière individuelle commence alors vraiment.

« Lovers at the Gun Club » constitue son 14ème elpee sous son patronyme. Un disque pour lequel il a notamment reçu la collaboration de Johnny Dowd (un pote !), sur deux plages. Tout d’abord sur le titre maître et morceau d’ouverture, caractérisé par ce mélange d’accordéon, de synthé et de sitar électrique, ces coups de révolver samplés et ce clin d’œil au « Gloria du Them (NDR : beaucoup de choses en même temps !) et « The dent in the fender and the wheel of fate », une compo languissante et ténébreuse, fruit d’un mélange de soul, de jazz (NDR : cette trompette obturée !) et de folk. Jackie possède une superbe voix. Si ses inflexions rappellent Cash, son baryton de crooner est susceptible de camper un hybride entre Stuart Staples (Tindersticks) et Michael J. Sheehy. Et il le démontre sur les ballades mélancoliques, mais aussi mid tempo. Jackie est également un excellent guitariste. Sa technique en fingerpicking est stupéfiante sur « Olivier blues », un morceau de jazz/blues auquel il ne manque que les chœurs pour glisser vers le gospel. On a même envie de claquer des doigts. Et puis lors du délicat et fragile « Woman in a car », probablement le meilleur fragment du long playing. On retiendra également, au sein du tracklisting, « To whom it may concern », un poème du dernier poète beat américain, Kenneth Patches », qu’il récite sur un arrangement musical, issu de sa plume. Et si vous connaissez parfaitement la langue anglaise, je vous invite à découvrir ses lyrics. Dépeignant la société contemporaine qui l’entoure (NDR : même les fans du club de foot de Sunderland y passent), ils ne manquent pas d’humour… noir. Très britannique cette prose, même si la musique lorgne, paradoxalement, davantage vers les States…

Informations supplémentaires

  • Band Name: Jackie Leven
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Cooking Vinyl / V2
  • Date: 2008-12-31
  • Rating: 3
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