Figure importante du folk-rock étasunien, Brett Dennen reste plutôt discret dans le paysage musical de notre Vieux Continent. C’est qu’il aime cette Amérique. Mieux, il l’incarne ; et elle le lui rend bien.
Hautement médiatisé aux Etats-Unis, le jeune Californien de 29 ans arpente régulièrement les plateaux TV. Outre l’exploitation pour une vaste campagne de publicité destinée à la célèbre chaîne d’hôtels Hilton, sa musique est régulièrement utilisée pour des épisodes de séries télévisées américaines (Grey’s Anatomy, Roadtrip Nation, The House…) Il a également été désigné comme l’un des 10 meilleurs artistes de l’année 2008, par le Rolling Stone Magazine.
2008 a également été l’année au cours de laquelle Brett Dennen a signé son troisième elpee chez Downtown-Dualtone. A première vue, « Hope for the hopeless » se présente comme un produit de belle facture aux arrangements soignés. Trop soignés peut-être. Accompagné en studio par le drummer Joey Waronker (Beck, Smashing Pumpkins…) et le bassiste Sean Hurley (Vertical Horizon), l’artiste ne laisse rien au hasard.
La première plage, « San Francisco », s’ouvre à onze douces mélodies aux sonorités égales qui manquent cruellement de rugosité et viennent gratouiller trop sagement les oreilles des amateurs de folk-rock authentique. Par rapport aux deux précédents, le dernier album perd, effectivement, de sa folk et tombe dans une pop douçâtre. Habituellement plus proche de l’univers de Jack Johnson, Brett Dennen préfère adopter ici un son qui se rapproche davantage de la grosse pop commerciale que de la pop-folk made in USA. Le groovy « Make you crazy », duo partagé avec Femi Kuti (créateur de l’afrobeat), est la seule aspérité offerte sur les 11 plages.
On y trouve aussi quelques belles ballades (« So far from me ») où le jeune songwriter nous raconte jovialement ses histoires amoureuses et sa vision du monde avec beaucoup d’ingénuité. De beaux textes à chanter autour d’un bon feu de camp scout. Rappelons que Brett Dennen à remporté le Children’s Music Web 2004 Award.
Autre curiosité qui caractérise ce grand rouquin au visage pubère : l’étrange similitude entre son timbre de voix et celui de la talentueuse Tracy Chapman. Fermez les yeux et tendez l’oreille. C’est assez frappant !
Globalement, « Hope for the hopeless » se présente comme une généreuse tarte à la crème qu’il vaut mieux consommer avec modération sous peine d’écœurement.

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