Le rock psychédélique est né au cours des sixties. Sans doute sous l’influence de certaines drogues hallucinogènes, de jeunes chevelus envoûtaient leur public à l’aide de rythmiques hypnotiques et de mélodies répétitives et pénétrantes. Les groupes les plus représentatifs de l’époque n’étaient autres que Grateful Dead, Pink Floyd, Jefferson Airplane, Love et j’en passe. Puis, pendant deux décennies, le psychédélisme s’est confiné dans la zone crépusculaire de l’underground, remontant à la surface au milieu des 90’s, sous l’impulsion de formations yankees comme The Dandy Warhols ou Brian Jonestown Massacre. Et au cours des dernières années, ce style musical a refait florès. On peut même dire qu’aujourd’hui, les artistes ou formations qui s’en réclament pullulent (NLDR : sans oublier les vétérans qui font de la résistance comme les Fuzztones). Dans la mêlée, j’épinglerai All The Saints, Black Mountains, Black Angels et les Dead Meadows. Car il n’est pas toujours facile de séparer le bon grain de l’ivraie. En tenant compte que la musique de certains ensembles du style tient plus ou moins la route. Et Sleepy Sun se situerait plutôt du côté des bons sans jamais toutefois réussir à atteindre les maîtres du genre.
Une chose est sûre, le sextuor américain (NDR : de San Francisco, en Californie, pour être plus précis) a dû énormément écouter de musique psychédélique pour concocter une solution sonore pareille. Et pour cause, leur moyenne d’âge est de 22 ans. Ils sont peut-être même allés fouiller dans les vinyles de leurs parents, voire de leurs grands-parents. Bref, chez Sleepy Sun on retrouve toutes les caractéristiques du genre : guitares wah-wah, fuzz gonflés à bloc, soli dégoulinants (« New Age ») mais pas trop, les rythmiques lourdes et lentes ainsi que les vocaux réverbérés (NDR : pour la circonstance celles de Rachael Williams et Bret Constantino). Tout y passe. Sleepy Sun a quand même le bon gout d’ajouter ponctuellement l’une ou l’autre nuance. A l’instar de « Snow Goddess ». Plus americana. A cause de cette subtile ligne d’harmonica apportée par Constantino. Et puis lors de l’une ou l’autre ballade au cours desquelles le piano occupe une place plus importante (« Lord » ou « Duet with the Northern sky »). Bref, si vous aimez le revivalisme psychédélique, vous ne pouvez passer à côté de cet « Embrace » ; même s’il n’atteint pas les sommets bien gardés par les Black Mountains et consorts.

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