Né à Hawaii, Mason Jennings a vécu toute sa jeunesse à Pittsburgh, avant de s’établir à Minneapolis, où il vit d’ailleurs toujours. « In the ever » constitue déjà son sixième album. Chanteur/compositeur/multi-instrumentiste (NDR : et surtout guitariste), Jason est réputé pour la qualité de ses lyrics. Que certains spécialistes n’hésitent pas à comparer à ceux de Dylan. Faut dire que Jennings pratique une musique essentiellement tramée dans le folk, même si ses chansons sont très susceptibles de s’ouvrir, circonstanciellement, à des tas d’instruments. Y compris électrifiés. Hormis l’une ou l’autre exception, il fait d’ailleurs pratiquement tout sur cet elpee, même la production. Il y a bien quelques collaborateurs, mais en général, ils sont confinés à la portion congrue. On retiendra quand même la présence de Robert Carranza au mixing pour quatre titres, et celle de Jack Johnson, le patron du label, sur « I love you and Buddha too », aux backing vocaux.
Mais bref, revenons aux textes. Ils traitent aussi bien des problèmes de religion (NDR : ou de spiritualité, selon), de politique, de rapports humains que de questions existentielles. Souvent abordés à la première personne du singulier. Sur « Going back to New Orleans », il revient sur le désastre engendré par l’ouragan Katrina, mais également sur l’intervention militaire des Yankees en Irak, et ses conséquences. C’est aussi la meilleur compo de l’elpee. Les drums réverbérés y sont imprimés sur le rythme du chemin de fer, et le souffle de l’harmonica évoque la vapeur d’une locomotive… Le reste de l’opus ne manque pas de charme, épingle des mélodies souvent contagieuses, met en exergue son timbre vocal sinueux, quoique bien timbré, mais souffre d’une trop grande linéarité rythmique… Bref, il est nécessaire de bien comprendre la langue de Shakespeare pour pouvoir apprécier cet opus à sa juste valeur…

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