Jeremiah Johnson est issu de St Louis, dans le Missouri. Sa musique baigne dans le blues et le southern. Ce presque quinquagénaire s’est entouré d’un backing group en 2009. Et dans la foulée, la formation a gravé "9th & Russell", un premier elpee. En 2018, Thomas Ruf l’intègre dans son écurie. Jeremiah y publie alors "Straitjacket", un long playing qui rencontre un énorme succès, en décrochant une pole position au sein du ‘Billboard Blues Chart’.
Lors des sessions de son quatrième LP, Jeremiah a reçu le concours de ses musiciens ; en l’occurrence le bassiste/claviériste Paul Niehaus IV et le drummer Tony Antonelli. Mais Niehaus a également invité des potes dans son studio Blue Lotus. En outre, non seulement il se charge des claviers sur la grande majorité des plages, mais il assure également la production. "Unemployed highly annoyed" recèle huit plages dont une reprise. Elles s’inspirent de la sombre époque que nous vivons, une situation causée par une pandémie qui force les musiciens à l’inactivité.
Southern rock, "Burn down the garden" est une superbe ouverture. Face à l’orgue, la voix colle parfaitement au style et Jeremiah s’autorise déjà une belle envolée sur ses cordes. Tout comme sur "Muddy black water", un titre dont le climat singulier et exotique est entretenu par les percussions et le piano électrique. La cover du "Cherry red wine" de Luther Allison est impeccable, un bues lent qui n’atteint cependant pas l’excellence de la version originale. Pas de claviers pour "Daddy's going out tonight", un rockin' blues dispensé sous la formule du trio classique, qui fait mouche. Naturellement funky, théâtre de beaux échanges entre cordes et clavier, le titre maître est contaminé par cette période Covid. Slow blues somptueux mené à la texane, "Different plan for me" est tapissé par la chaleur feutrée de l'orgue. Jeremiah est convaincant au chant, tout en arrachant de sa gratte, des notes dignes d'Albert Collins. Orgue et cordes continuent de nous enchanter tout au long du lent et intimiste "Love and sympathy". De très bonne facture, cet opus s’achève par le judicieusement intitulé "Rock'n'roll for the soul"…

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