Parfois, un emballage hideux peut cacher un très beau cadeau. La pochette du Cd de Maya Mountains « Hash and Pornography » est vraiment horrible. Dans un style typé seventies. D’abord, il y a ce fond rouge orné de deux spirales psychédéliques jaune doré. Enfin, à l’avant plan, une ignoble tête, chauve et barbue, la bouche ouverte. De la fumée sort de ses narines ; et il laisse tomber un joint allumé pour téter un sein énorme. Pas vraiment joli. Mais, si cette pochette ratée donne une idée du style musical auquel on est en présence, elle ne reflète en aucun cas la qualité de son contenu. Car, vous l’aurez compris Maya Mountains joue du Stoner Rock. De l’excellent Stoner Rock !
Maya Mountains nous vient de Venise, la ville des gondoles et des amoureux. Pas vraiment le genre de paysage désertique où nait d’habitude ce genre de musique. A écouter « Hash et Pornography », on se rend bien compte que ces trois rigolos ont abusé de la cigarette à 5 feuilles pour se mettre dans l’ambiance. Attention ! Il n’est pas question ici de faire l’apologie de ce genre de pratique ; mais, force est d’avouer que, pour eux en tout cas, ça marche.
L’album débute par un « Spring », psychédélique très typé Monster Magnet (période « Spine of God ») qui s’accorde parfaitement au mauvais goût de la pochette. Pourtant, il ne faut pas se fier à ce début mollasson, car il n’est qu’un tremplin vers le stoner burné et enfumé qui va suivre. Kyuss, Black Sabbath, Hawkwind et Fu Manchu sont les influences évidentes de ces Vénitiens. Guitares saturées, pédale wa wa utilisée parcimonieusement, basse et batterie pachydermiques et voix proche du Ozzy des seventies. Les riffs lourds et burnés (« Cosmic Comic », « Wanna Know What I know », « Hope »,…) laissent parfois la place à une énergie nettement plus garage/punk (Fire Entrance, « ‘74 »).
« Hash and Pornography » sent bon le désert et la marie-jeanne. Malgré son emballage répugnant, c’est un magnifique cadeau pour tous les amateurs de musique lourde et fumante.

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