De retour sur le label Domino après avoir passé trois années loin du circuit mainstream, King Creosote publie déjà son 40ème album depuis 1998. Malgré cette nouvelle livraison réussie, le prolifique Kenny Anderson ne rencontrera probablement jamais le succès qu’il mérite. Quel dommage de voir semblable compositeur confiné dans l’étroite de son Ecosse natale. Mais peut-être le succès n’est-il pas vraiment son objectif. Car comment comprendre qu’un aussi bon album puisse être emballé dans une pochette médiévale aussi immonde ?
Une nouvelle fois, en commettant ce « Flick the Vs », King Creosote parvient facilement à faire rimer quantité avec (grande) qualité. Ce nouvel opus recèle une pléiade de morceaux magnifiques. A l’instar de « Bombshell », son effort précédent. Si le chanteur possède une voix d’ange mélancolique et bouleversante, la musique de King Créosote est totalement indéfinissable. Faut dire que Kenny Anderson prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Son folk est très alternatif. Et le qualificatif est faible. En fait, en injectant de la pop, et de l’électro minimaliste, mais surtout une sensibilité mélodique unique en son genre, il compose du King Creosote, tout simplement.
L’album s’ouvre en fanfare par deux titres de plus de 5 minutes : « No One Had It Better », caractérisé par son crescendo électro rock et le recours au vocodeur ; et surtout « Two Frocks At A Wedding », une chanson pop empreinte d’une grande délicatesse. Des morceaux qui permettent d’entrer directement dans l’univers hanté du songwriter écossais. Aucun titre ne ressemble à un autre. Un parfait modèle pour le folk moderne ! Le format classique de « Camel Swapped For Wives » convient tout autant que le plus enjoué « Rims ». Kenny Anderson est accordéoniste de formation mais jongle avec un tas d’instruments. Néanmoins l’accordéon lui permet d’accentuer l’aspect mélancolique et langoureux de ses chansons.
La créativité de Kenny Anderson est intarissable. Et ce « Flick the Vs’ » en est une nouvelle démonstration. Une chose est sûre, il nous entraîne très haut dans la galaxie pop.
Inclinez-vous donc devant le Roi Creosote ! D’ailleurs si sa majesté me le permet, je passerai encore quelques temps en sa compagnie. La famille royale Anderson surpasse en tout cas de loin celle des Windsor. En effet le frère de Kenny n’est autre que Lone Pigeon, le cerveau allumé du Beta Band, qui a également embrassé une carrière en solitaire.

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