La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 8 juin, la troisième série propose 5 elpees concoctés entre 1985 et 2005.
En 1986, Mick Jagger et Keith Richards se supportent de moins en moins. Et pourtant, contrat oblige, les Stones entrent en studio. Des parties vocales provisoires sont enregistrées par les chanteurs de rhythm'n'blues Bobby Womack et Don Covay, à l’initiative de Richards. Jagger n’en a rien à cirer et refait les voix définitives. En fait, ces fameuses sessions se déroulent dans un climat détestable. Les deux leaders ne se croisent même plus. Certains titres sont enregistrés par la section rythmique des X-Pensives Winos de Keith Richards, c’est-à-dire Steve Jordan aux drums et Charley Drayton à la basse. Et Jagger vient poser sa voix dessus. Bill Wyman et Charlie Watts sont aux abonnés absents. Pourtant, et c’est incroyable, le disque tient la route. La coproduction réalisée par Steve Lillywhite y est peut-être pour quelque chose. A moins que ce ne soit la tension entretenue entre Mick et Keith. Car plutôt que de les détruire, elle semble les stimuler.
La Télécaster de Richards pète des flammes sur l’intro du furieux « One hit (to the body) ». Sur la cover du « Harlem Shuffle » de Bob & Earl, Jagger semble évacuer toute sa hargne. En fait, cette hargne, il la crache sur presque tous les morceaux qu’il interprète. Depuis « Hold back » à « Fight », en passant par le titre maître. Même sur les deux boogies : le relativement moins impétueux « Winning ugly » et le très impétueux « Hard it with me » (NDR : il n’existe pas encore de version concoctée par l’Experimental Tropic Blues Band ; mais à mon humble avis, elle est très envisageable) ainsi que « Back to zero », une plage sculptée dans le funk blanc. Bref, la plupart des titres de l’elpee baignent dans le même jus. Parce qu’il y a quand même deux morceaux calmes. Une ballade ("Sleep Tonight") et un reggae ("Too Rude"), tous deux chantés et écrits par Richards. L’elpee s’achève par un boogie instrumental de 33 secondes qui rend hommage à Ian Stewart, disparu alors depuis peu.

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