« Fits » constitue le troisième opus de White Denim. Pas facile de s’y retrouver dans leur discographie, puisque le tout premier, « Workout Holiday », était destiné au Vieux Continent, alors que le deuxième, « Exposion » était réservé aux States. Ces deux premiers opus sont d’ailleurs parus en 2008. Ces disques sont passés complètement inaperçus pour le mélomane lambda. Par contre, la presse spécialisée a vivement acclamé ces sorties. Douze mois plus tard, le trio texan (NDR : d’Austin, très exactement) nous propose donc son troisième elpee.
A l’instar du précédent opus, la musique de White Denim agrège une multitude de styles. Depuis le jazz au punk, en passant par le funk, la country, la bossa nova, le garage, le folk, la country, le psychédélisme et le rock. Et la liste est loin d’être exhaustive. En fait, en douze plages, la formation parvient à revisiter quatre décennies de l’histoire du rock. Depuis Woodstock, pour être plus précis ! Hanté par le spectre de Jimi Hendrix, « Radio Milk How Can You Stand It » en est probablement la plus belle illustration. Et puis, les fantômes de Jim Morrison, Nick Drake, John Bonham, Syd Barrett, Fred ‘Sonic’ Smith ou encore Elliott Smith rôdent également tout au long de l’œuvre. Thom Yorke, également. Mais lui est encore vivant. Tout comme Rocky Erikson. Mais bon, là c’est pour lui renvoyer l’ascenseur…
Sur chaque plage, White Denim parvient à créer un univers spécifique, sans pour autant nuire à l’homogénéité de l’opus. Une performance sans doute due à la maîtrise technique et au talent des musiciens. Tant le bassiste Steve Terebecki (NDR : ex-Peach Train) dont la dextérité sur sa quatre cordes est absolument stupéfiante (NDR : « Start To Run » en est sans doute le plus bel exemple) que le batteur Joshua Block, dont la souplesse du drumming élargit considérablement le style du combo. Dynamisé par des percus latino vivifiantes, « El Hard Attack DCW YW » constitue un bel aperçu de sa virtuosité. Reste alors au chanteur/guitariste James Petralli à apporter la touche finale aux compos. Et ma foi, il y parvient sans rencontrer la moindre difficulté. En se posant même comme la pièce fédératrice du band.
A découvrir absolument ! Et surtout à ne pas laisser végéter dans la zone crépusculaire de l’underground.

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