Pour enregistrer leur troisième opus, The Dodos a reçu le concours d’Ek à la production, un personnage dont la carte de visite mentionne la mise en forme de disques de Fleet Foxes, de Band Horses et des Shins. Mais de là à comparer la formation californienne à cette dernière, il y a un pas que je ne franchirai pas. C’est pourtant ce qu’une certaine presse spécialisée essaie de nous faire croire. Anglo-saxonne en particulier. A mon humble avis, elle ferait bien de retourner au lit…
Bref, venons-en à ce « Time to die ». Pas un titre rigolo, mais manifestement adapté aux lyrics. Peut-être un des seuls reproches que l’on puisse faire au groupe. Des textes trop occultes traitant notamment de mort, de suicide et autres thèmes morbides. A contrario, la musique pète des flammes. Le line up est donc officiellement élargi à un trio. Keaton Snyder se chargeant du xylophone (surtout, même en tirant des sonorités à l’aide d’un archet) et des percus (parfois). Si sur les planches, ses interventions sont plutôt discrètes, sur disque elles apportent une dimension supplémentaire aux compos. Pas sur tout l’elpee, mais sur une bonne moitié. A l’instar du morceau d’ouverture, « Small death », titre découpé en trois mouvements, au cours duquel ses interventions épousent littéralement les lignes de guitares distordues de Meric Long. Du carillonnant « Two medecines », du sinueux « Troll nacht » et enfin du titre maître, caractérisé par ses fréquents changements de tempo, un morceau qui me rappelle étrangement le climat entretenu tout au long du le 3ème album de Led Zeppelin (NDR : oui, oui, le plus acoustique). Mais sous un format plus pop que rock. Une impression qui fait d’ailleurs régulièrement surface, en écoutant cet elpee. Parce que cordes acoustiques voire semi-acoustiques (NDR : il y a un zeste d’électricité quand même) ainsi que percus tribales, pulsantes, propulsives, percutantes, syncopées, complexes, vivifiantes mais tellement subtiles alimentent les 9 morceaux de cet opus. A la gratte Meric Long alterne fingerpicking et arpèges enfiévrés. Aux drums, Logan Kroeber établit les différents tempi. Qui peuvent varier plusieurs fois a sein d’un même morceau. Et lorsque la frénésie contamine une compo, on est comme emporté par un tourbillon dévastateur. Mais le combo prend soin de préserver un sens mélodique particulièrement contagieux que lustre le timbre vocal ondulatoire, sucré, de Meric (NDR : circonstanciellement rejoint en harmonie par la voix de Logan), à la manière d’un Paul McCartney. Un des albums de l’année !

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