Certains albums sont plus difficiles à chroniquer que d’autres, et n’accrochent pas instantanément ; mais vous le rendent bien. Après avoir écouté « Person To Person », le second album des Américains de Foreign Born, une bonne dizaine de fois, je m’apprêtais à rédiger un chronique pas piquée des vers, pour traduire le profond ennui que ce disque avait suscité en mon fors intérieur. Mais une dernière séance au casque m’a fait changer d’avis. Comme si une petite étincelle venait de naître. Comme si les morceaux venaient de s’ouvrir à mon esprit. Et de sauver l’opus d’une analyse injuste. En fait, mon insistance est due… au label. A la qualité du label. Secretly Canadian. Une écurie qui mise rarement sur un mauvais cheval. La même ‘mésaventure’ m’était arrivée en écoutant le dernier long playing de Windsor For The Derby, également signé chez cette excellente maison de disques.
Foreign Born est un trio composé de Lewis Pesacov, Matt Popieluch et Ariel Rehtshaid. Des personnages plutôt discrets. Issus de San Francisco (NDR : ville réputée pour son ouverture d’esprit), ils se sont rapidement établis à Los Angeles, après la formation du groupe. « Person To Person » constitue leur second album. Paru en 2005, le premier, « On the Wing Nowsorti » avait été édité à seulement 500 exemplaires !
Le morceau d’ouverture, « Blood Oranges » est le plus évident du lot. A cause de son refrain entêtant. Toutefois c’est en milieu d’elpee qu’on décèle les véritables merveilles de « Person To Person » ; et en particulier la trilogie « Can’t Keep Time », « Lion’s Share » et « It Grew On You ». A la croisée des chemins de Clap Your Hands Say Yeah (pour la voix), Fleet Foxes (pour la douceur), Grizzly Bear (pour la complexité) et des Harlem Shakes (pour les rythmes), la solution sonore devient alors remarquable. Une forme d’indie pop subtile, étrange, troublante et hypnotique. Faut dire que le combo a reçu le concours d’une bonne dizaine de collaborateurs, dont plusieurs percussionnistes. Qui s’en donnent à cœur joie lors des compos les plus percutantes. Notamment sur « Early Warnings », une plage caractérisée par ses sonorités africaines entraînantes, insolites, dignes de Vampire Weekend.
Pas toujours accessible, « Person To Person » exige une oreille attentive pour être apprécié à sa juste valeur. Et c’est au fil des écoutes qu’il exerce tous ses charmes. En fait, l’opus recèle une moitié de morceaux plus faibles (NDR : « See Us Home » en est un bel exemple) et une autre absolument géniaux. Aussi on ne peut espérer que lors de l’album de confirmation, Foreign Born aura le bon goût d’opter pour la bonne portion…

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