Nickel Eye constitue le projet solo de Nikolaï Fraiture, le bassiste des Strokes. Suite à la longue pause consentie par le gang new-yorkais (NDR : leur dernier album remonte quand même à 2005), le musicien désœuvré a donc décidé de mettre en chanson des poèmes composés plusieurs années auparavant. Une démarche comparable à celles entreprises par ses comparses Albert Hammond Jr. et Fabrizio Moretti (NDR : et son projet Little Joy). Le guitariste et le batteur des Strokes avaient livré des œuvres honorables sans être mémorables. Les mauvaises langues ont même taxé le second elpee d’Albert, de moyen. Pourtant, tout le monde a toujours en mémoire le magnifique album de la formation issue de la Grosse Pomme, « Is this It ». Un préjugé, ma foi, fort favorable, dont bénéficient finalement les différents membres du combo, à travers leurs projets en solitaire. On se demandait donc si le bassiste allait faire mieux que ses acolytes…
La musique de Nikolaï Fraiture est sculptée dans une pop-rock indie plutôt classique, sans grand génie mais pas prétentieuse pour un sou (NDR : un nickel ?) Les 35 minutes de « The Time Of The Assassins » sont toutefois très plaisantes à écouter. Si certains morceaux s’avèrent plus qu’anecdotiques, d’autres auraient tout aussi bien pu figurer sur un opus des Strokes. Et je pense tout particulièrement au single irrésistible « Brandy Of The Damned » ou encore au très réussi « Back From Exile ». Le timbre vocal de Fraiture est aussi nonchalant que celui de Julian Casablancas. Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs apporte son concours à « Dying Star », une plage rock fort quelconque. Par contre, l’émouvante ballade folk « Where The Cold Wind Blow » est enrichie des interventions très judicieuses de Regina Spektor au piano. En fin de parcours, Nikolaï nous gratifie d’une reprise du « Hey, That’s No Way To Say Goodbye » de Leonard Cohen. Exercice périlleux, car si la version originale est exceptionnelle, l’adaptation est simplement respectueuse du maître. Ce qui n’est déjà pas si mal…
Bref, on peut considérer ce « The Time Of The Assassins » comme une œuvre plus qu’encourageante ; surtout de la part d’un musicien dont on n’attendait pas grand-chose. Et pour que votre info soit complète, sachez que cette petite mise en bouche précède la prochaine sortie d’un elpee solo de Julian Casablancas…

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