Les formations pop/rock issues d’Afrique du Sud ne sont pas légion. J’ai donc été envahi par une certaine forme d’enthousiasme, lorsque je me suis lancé dans la chronique de cet album de BLK JKS(à prononcer Black Jacks). Un quatuor né en 2000 ; mais qui a dû attendre neuf longues années avant d’enregistrer son premier album. Et pas pour n’importe quelle écurie ! Chez le label indépendant américain Secretly Canadian, au sein duquel on retrouve notamment Antony & the Jonhsons, Yeasayer et Bodies of Water. Et il leur aura fallu presque autant de temps pour que le continent américain s’intéresse enfin à leur existence. C’était en 2008, lorsqu’ils ont assuré le supporting act de Diplo au sein de la nation arc-en-ciel.
Pour concocter « After Robots », le groupe a reçu le concours de Brandon Curtis, le chanteur de la formation psyché-prog The Secret Machine. Faut dire que la solution sonore proposée par BLK JKSest le fruit d’un mélange de rock, prog, jazz, reggae, psychédélisme et de musique africaine. Un disque qui souffle cependant le chaud et le froid. L’originalité du groupe procède surtout de leurs lyrics, qu’ils chantent tantôt en zoulou ou en xhosa (NDR : ce sont les deux premières langues officielles d’Afrique du Sud) mais également en anglais. Et puis de leurs rythmes tribaux. Dans cet esprit, des morceaux comme « Molalatladi », « Kwa Nqingetje » ou encore l’acoustique « Tselane » constituent la quintessence de l’œuvre. Malheureusement, le combo souffle le froid, lorsqu’il marche sur les traces de Mars Volta. En moins luxuriant. Encore que parfois, leurs envolées n’ont rien à envier à celles d’un King Crimson. Quoique pour les amateurs de prog, ce soit un compliment. Mais pour les autres, on frise l’indigestion.

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