Après avoir remporté le NME Philip Hall Radar Award du meilleur premier album et avoir essuyé les râles dithyrambiques de la presse britannique, « The Big Pink » se présente naturellement comme la curiosité outre-Manche de cette rentrée musicale 2009.
« The Big Pink » (pseudonyme se référant à l’album « Music From The Big Pink » de The Band) est l’histoire de deux passionnés immodérés de musique noise, Robbie Furze et Milo Cordell (créateur du label Merok Records). Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le duo londonien signe son premier elpee sous le célèbre label indépendant 4AD. « A Brief History Of Love » évoque effectivement une sonorité shoegazing familière au label londonien à la fin des années 80. Genre shoegaze/noisy terriblement à la mode ces derniers temps. Le retour sur les planches des sublimes My Bloody Valentine n’est-il pas un indicateur du renouveau de cette scène ?
Rien n’est laissé au hasard sur ce premier opus. Soigneusement élaboré aux Electric Lady Studios de New-York, « A Brief History Of Love » a bénéficié d’une production infallible assurée par Rich Costey (Muse, Interpol, Rage Against The Machine…) et Alan Moulder (My Bloody Valentine, Yeah Yeah Yeahs…) « The Big Pink » assurera d’ailleurs la première partie de Muse sur sa tournée britannique.
L’architecture musicale de ce premier album est époustouflante. Une tracklist bâtie à l’image d’une cathédrale de glace qui navigue sur les flots glaciaux et aseptiques de l’amour. Un univers riche, dense et hautement atmosphérique qui se pose sur des textes dramatico-romantiques. Lieu où Milo Cordell dépeint le kaléidoscope de l’amour. Celui qui reflète ‘tous les aspects multiples du cœur… Le bon, le mauvais, l’ennuyeux, le passionnant, l’onirique, le cauchemardesque…’ Imagerie amoureuse violentée par des torrents de guitares aux insensibles distorsions, crissements et saturations monomaniaques. Une mixture entre drame et rêve résolument additive. Des textes qui voyagent sur des nuages bruitistes et des humeurs de My Bloody Valentine ou Cocteau Twins. Un grand rock anglais aux saveurs de Death In Vegas qui nous transporte et innove. Car le binôme londonien, expert des techniques de studio, ne se morfond pas dans une stérile nostalgie. « Velvet » et « Too Young to Love » posent des guitares noisy sur une texture électronica austère. Des strates savamment superposées qui régalent un atmosphérique romantique aux dimensions majestueuses.
Le neurasthénique morceau éponyme chanté en duo avec la délicieuse voix psalmodie de Joanne Robertson en est la substance. Un art minimal, dépouillé, écrin parfait pour définir l’humeur fragile, insane et doucement mélancolique qui traverse l’esprit de l’album. Magnifique !
Un premier opus qui se distingue par sa complexité technique maîtrisée et sa facture de qualité. Un rock anglais entier et impartial qui ravira les accros de la musique britannique des années 80-90 et plus !
The Big Pink se produira ce mardi 03 novembre 2010 à L’Ancienne Belgique. Et on avance déjà une nouvelle pour l’année prochaine en compagnie de The xx. A suivre…

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