Si certains creusent encore et toujours à la recherche d’un nouveau son, d’autres préfèrent enclencher la marche arrière pour sonder ce qui n’a pas encore été exploité, à ce jour, dans le passé. Même si le climat de ce mouvement n’était pas particulièrement joyeux, la new-wave a indéniablement marqué une génération, dont votre serviteur.
Tout au long de « Love Comes Close », Cold Cave redessine les becs de corbeaux et invite quelques fantômes qui ont eu leur heure de gloire durant les années 80. Dès les premiers accords de « Cebe and Me » on se sent en terrain connu. Caractérisé par son synthé lourd, le ton dark-wave et la voix mécanique de Caralee McElroy (Xiu Xiu), le morceau ouvre les festivités et plante le décor. Assez surprenant ! Si Trish Keenan des Broadcast avait tenté une approche similaire en 2005, sur l’album « Tender Buttons », elle n’avait pas pénétré les ténèbres aussi profondément. Cold Cave enchaîne ensuite, des compos plus synthé-pop réminiscentes des 80’s. Ces sonorités ‘vintage’ (NDR : ce Casio !) entretenues par la machinerie évoquent tour à tour Joy Division, The Neon Judgement, The Cure circa « Three Imaginary Boys » voire même Human League. Mais la formation américaine a le bon goût de ne pas sombrer dans le revivalisme (NDR : malgré ces vieilleries que l’on semblait avoir stockées au fond de nos mémoires, le combo évite le piège du has-been), en se servant de toute une armada d’éléments contemporains. Réussissant ainsi, avec une facilité désarmante, à établir un lien entre deux générations ; aujourd’hui quand même distantes d’un bon quart de siècle. Réconciliant ainsi celles et ceux qui s’enfilent de l’electro depuis le biberon et les autres qui ont crêpé leur cheveux et ont baladé leur carcasses sur les semelles de leur creepers. Et pour cette raison, j’estime que « Love Comes Close » constitue indéniablement un album incontournable de cette fin d’année 2009.

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