Que serait le « Monster Mash » de Bobby Picket repris par Arcade Fire accompagné d’un clip vidéo réalisé par Tim Burton ? Ou le « Murder Ballads » de Nick Cave, réinterprété par une chorale de sales mioches se gavant des bouquins de la série « Chair de Poule », tout en écoutant inlassablement cette version imaginaire de « Monster Mash » ? Ou encore si Karen O and The Kids avaient confondus la B.O. de « Where The Wild Things Are » avec celle de « The Omen » ? Pas de doute. Le résultat serait, à peu de choses près, comparable à l’immense premier essai de Dead Man’s Bones.
Le projet est né de la rencontre entre le musicien Zach Shields et Ryan Gossling, connu essentiellement pour sa carrière cinématographique presque impeccable (« Lars And The Real Girl », « The Notebook », « The United States Of Leland », ou le génial « Half Nelson » pour lequel il a été nominé aux Oscars). Obsédés par la musique et les films d’horreurs, Shields et Gossling se sont mis en tête de créer la bande son parfaite pour effrayer leurs petites sœurs. Après avoir recruté les gamins de la chorale du Silverlake Conservatory Of Music, la formation Californienne a établi une série de règles à suivre durant l’enregistrement studio de la galette. Ainsi, le duo n’a réclamé aucune aide extérieure sinon celle d’un producteur. Les guitares électriques ont été mises au ban et chaque morceau a dû être enregistré en trois prises maximum. Des règles qui ont produit leur petit effet tant « Dead Man’s Bones » est une œuvre spontanée, intense et inventive, comme en témoignent les ‘monstrueux’ « Flowers Grow Out Of My Grave », « In The Room Where You Sleep » et « Lose Your Soul ».
Emmené par les singles, « My Body’s a Zombie For You » et « Dead Hearts », l’éponyme de Dead Man’s Bones est parcouru de morceaux macabrement poétiques et aux intitulés tous aussi évocateurs les uns que les autres. Les morts-vivants, les loups-garous, les monstres assoiffés de sang et autres créatures de la nuit s’y côtoient pour tourner en ridicule les pauvres mortels s’aventurant au-delà des limites du territoire tracé par ces premiers. Et pas besoin d’attendre Halloween pour s’envoyer cette formidable galette tout à fait intemporelle. Alors qu’ils étaient très souvent justifiés jusqu’ici, Gossling balaie magistralement tous les préjugés entourant les vedettes d’Hollywood qui se mettent en tête de pousser la chansonnette.
« Dead Man’s Bones », un essentiel de 2009 ? Pour ma part, le duo a déjà décroché la seconde place de mon classement annuel. Et c’est amplement mérité !

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