En 2006, Tim Presley et Rob Barbato, respectivement guitariste et bassiste (également vocalistes au sein de leur groupe), avaient été engagés par Mark E. Smith pour jouer dans son backing band, lors de sa tournée aux States. Mais, il faut croire que le caractère acariâtre du leader de The Fall a encore fait des siennes, puisqu’au beau milieu de périple, les deux yankees ont abandonné le navire, forçant ainsi le natif de Broughton à rentrer en Angleterre. Sans quoi, avant de fonder Darker My Love, les différents musiciens avaient milité au sein de toute une série de formations, dont les moins obscures répondaient au nom de The Distillers et The Nerve Agents. Le patronyme de ce quintet californien (NDR : issu de Los Angeles, très exactement) est inspiré d’une compo de The Soundtrack of Our Lives, du même nom. Ce qui devrait vous donner une petite idée du style pratiqué par le band.
« 2 » constitue, vous vous en doutez, leur second elpee. Il fait suite à un éponyme, édité en 2006 et à un Ep, paru en 2004. A l’instar de T.S.O.O.L., Darker My Love puise ses principales influences dans le psychédélisme des Pretty Things. Celui des albums « S.F. Sorrow » et « Parachute », pour être plus précis. A cause de ces harmonies vocales éthérées, sinusoïdales, si caractéristiques. Mais pas seulement chez la bande à Phil May et Dick Taylor. Les références y sont même bien plus fouillées. Oscillant du Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn » (« Pale sun ») à Spacemen 3 (l’enlevé « Blue day » et le brulôt « Waves », chargés de feedback et de distorsion), en passant par les Stone Roses (le stellaire « Add one to the other one » et le ténébreux « Northern soul ») et même Love (le remarquable et épique « All the hurry & wait », enrichi d’arrangements orchestraux somptueux). Le décor planté, il ne vous reste plus qu’à ajouter un zeste de clavier ‘vintage’ (NDR : pensez à Doug Ingle d’Iron Butterfly ou à Ray Manzarek des Doors) et parfois des cordes de guitares triturées à la manière d’Eric Brann (NDR : également du papillon d’acier) voire de Jorma Kokaunen (NDR : Jefferson Airplane, Jefferson Starship). Deux titres s’écartent cependant de la norme. Tout d’abord la valse angulaire et jazzyfiante « White composition » et puis, « Two ways out », sorte de version grunge d’« Alright » de Supergrass. Et c’est Dave Cooley (Silversun Pickups, J Dilla) qui a produit l’elpee. Bref, si vous êtes accro au psychédélisme, vous ne pouvez passer à côté de cette œuvre…

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