Je l’avoue de but en blanc, je n’ai jamais compris l’engouement pour Tiësto. Dans mon esprit, ce dernier a toujours été un Dj de seconde zone, tout juste bon à produire des banalités destinées aux kermesses et autres fêtes de village. Ensuite, il y a eu ce remix du « Papillon » des Britons d’Editors, presque plus excitante que la version originale. Mais pas de quoi fouetter un chat(on). Ma curiosité a pourtant été particulièrement aiguisée, après avoir pris connaissance de la liste des guests que le Dj hollandais est parvenu à rassembler. Nelly Furtado, Emily Haines (Metric), Jónsi (Sigur Ròs), Tegan & Sara, Calvin Harris, etc. Du beau monde, en somme. Le sacrifice s’imposait. « Kaleidoscope » a donc glissé dans ma platine, non sans appréhension.
Le titre maître, interprété par Jònsi, s’échappe alors des baffles. Pas dégueulasse. Une plage atmosphérique de plus de sept minutes, se mariant parfaitement aux vocalises du leader de Sigur Ròs. Le morceau se transforme en bombe trance à deux minutes de la fin avant de laisser place au bondissant « Escape Me », mené tambour battant par CC Sheffield, relative inconnue. Un bon départ mais les quelques titres suivants sont, pour leur part, assez anecdotiques, malgré la présence de Kianna (Tilly & The Wall) et autres Priscilla Ahn. Après un interlude dispensable (« Always Near »), Tiësto invite Kele Okere (Bloc Party) au micro le temps d’un « It’s Not The Things You Say » aux allures de morne plaine. Le Dj se reprend un minimum sur des « Fresh Fruit », « Century » (en compagnie de Calvin Harris) et « Feel It in My Bones » (avec Tegan & Sara), Ce n’est pas encore la ‘totale éclate’ mais au moins on secoue un peu la tête en rythme. Et l’electro-r’n’b « Who Wants To Be Alone » aurait pu changer la donne s’il ne souffrait pas de la surabondance d’effets sur les vocalises de Nelly Furtado.
Le salut (très relatif) provient du menaçant « Bend It Like You Don’t Care » et du très 8-bit « Louder Than Boom », deux rares morceaux assurés par Tiësto en solo. Comme quoi, mec, pas besoin de rassembler le bottin mondain de la hype pour convaincre un minimum. Verdict : « Kaleidoscope » sera sans nul doute ma première et dernière incursion dans l’univers Trance de Tiësto.

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