La sortie d’un album de Blur est une aubaine pour le fan inconditionnel que je suis. Je devrais me lever et hurler ma joie même si celui-ci n’est qu’une galette ‘live’. Transmettre cette frénésie qui m’envahit et danser une gigue endiablée. Malheureusement, cet opus répand un parfum résolument bien triste. Il sent l’encens et la bougie. Il s’apparente à un faire-part de décès. Il ne lui manque que la croix et la colombe dans un coin. Si Blur sort « All The People – Blur Live at Hyde Park 03 July 2009 », c’est pour marquer définitivement la fin de l’histoire du groupe. Plus d’albums, plus de concerts, rien, nada, le néant absolu et sidéral. Quelle vilaine claque. Mais ce n’est pas vraiment une surprise. Le dernier elpee studio date de 2003 (« Think Tank ») et sentait déjà le sapin. Mais bon, quand en 2008 Albarn et sa bande balance l’info d’une reformation pour quelques dates de concerts, j’en avais presque le zizi qui piquait en imaginant leur retour en studio. Blur reprend du service, mazette je retourne à Lourdes !
« All The People – Blur Live at Hyde Park 03 July 2009 » signe l’avis nécrologique ; grand mal nous fasse. Divisé en deux rondelles, l’album nous balance de la première à la dernière note ce qui s’est passé ce soir là dans ce fameux parc de Londres. Pour la petite histoire, chaque concert accordé par le groupe a été enregistré dans son intégralité et sera commercialisé. Pour les bonus, veinards et écœurants chanceux des ces événements, ils choisiront le soir où ils étaient présents. Pour les collectionneurs névrotiques, ils les acheteront tous. Même si la tracklist est identique pour chaque concert. Albarn et ses potes reprennent tous les grands classiques qui ont fait le succès de leur Maison : « Girls and Boys », « Out Of Time », Coffee & Tv », « Parklife », « Chemical World », et j’en passe des plus frissonnants. Sur un peu plus de deux heures de show, les Bitons haranguent et remercient leur public de la plus belle des manières en s’offrant corps et âme dans l’oraison funèbre qu’ils déclament au fil des morceaux. Le public, hyper réactif et complètement sous l’emprise du groupe hurle et les suit sans même douter un instant de leur attachement aux mélodies qu’ils ont sublimées depuis pratiquement 20 ans. Comment pouvoir s’imaginer qu’avec autant de talent, de succès et un public si répandu, Blur ne veuille plus être. Insidieusement, on n’a pas envie d’y croire et c’est peut-être là, la clef du mythe. Sur ce, je vous laisse, j’ai quelques prières encore à adresser à Sainte Rita, patronne des causes perdues…

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