La combinaison entre électro et classique est visiblement un style au goût du jour. Jeff Mills en est un pionnier. Et Carl Craig s’est récemment fendu d’une excellente adaptation du « Boléro » de Maurice Ravel. Parue sur le label Deutsche Grammophon, cette recette préparée à la sauce techno ‘detroitienne’, avait bénéficié du concours de Moritz Van Oswald. Côté français, on peut compter sur Agoria et depuis peu, le talentueux trio Aufgang.
Révélé lors du festival Sónar de Barcelone en 2005, Aufgang réunit deux pianistes de formation classique rompus à l’improvisation, Francesco Tristano et Rami Khalifé (NDR : issus de la prestigieuse Julliard School de New York), ainsi que le batteur et producteur de hip-hop Aymeric Westrich. Pour la circonstance, le trio avait interprété une reprise mémorable du « Bells » de Jeff Mills. A la solution sonore texturée par les trois instruments conventionnels, le groupe inocule des tas de bidouillages électroniques. Et le résultat est vraiment surprenant. A contrario du dérapage opéré par Something A La Mode, Aufgang réalise une approche presque divine d’un style quand même couillu. Des plages comme « Channel 7 » ou « Sonar » (NDR : peut-être un clin d’œil ?) sont palpitantes. « Prélude Du Passé » s’écoute les yeux mouillés et « Aufgang » mélange foudre des Dieux de Détroit et accords de piano ténébreux. Enorme pour les dancefloors !
La musique d’Aufgang est propice à l’extase, mais il est conseillé de ne l’écouter qu’à dose homéopathique et d’une oreille fine. Elle est également très riche en influences. Classiques d’abord. Mais surtout de type contemporain. Puisant ses références de Bartok à Varèse, en passant par Boulez. Electronique, ensuite ; y compris la techno. Sans oublier les traces très subtiles de jazz et de funk. Exigeante, ambitieuse mais imparfaite, elle n’est cependant pas facile d’accès ; surtout si vous n’avez pas suivi de formation académique.

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