Charlotte Hatherley est surtout connue pour avoir milité au sein de la formation Ash, entre 1997 et 2006. Comme guitariste. Sans oublier son concours apporté à Client et Bat for Lashes, lors de leurs dernières tournées. Et pourtant, cette Londonienne en est déjà à son troisième elpee solo. Le premier, « Grey will fade », remontant à 2004 et le deuxième, « The deep blue », à 2007. Ce qu’on sait moins, c’est qu’elle possède une très belle voix. Dont le timbre tantôt doux, tantôt capricieux, oscille entre Kate Bush et Lene Lovitch ; même si elle ne possède pas cette faculté de changer d’octave. N’empêche !
Enregistré quasi live, en une semaine, dans un studio de Londres, « New worlds » est paradoxalement caractérisé par une qualité de son presque parfaite. Faut croire qu’à l’issue des sessions, les ingénieurs du son ont réalisé un boulot exceptionnel. Et en lisant les notes de la pochette, on comprend mieux. Alan Moulder (A Perfect Circle, Blonde Redhead, Curve, Depeche Mode, Gary Numan, Lush, My Bloody Valentine, Nine Inch Nails, Ride, The Jesus and Mary Chain, Them Crooked Vultures, The Smashing Pumpkins, et j’en passe…) s’est chargé de mixer la plupart des plages. Ce qui explique sans doute le résultat obtenu. Et puis, elle s’était très bien entourée, bénéficiant notamment du concours de Rob Ellis (PJ Harvey) aux drums tout au long de l’elpee et d’Adem à la gratte et à la mise en forme, pour le dernier morceau de l’opus.
Mais venons-en au contenu de cette œuvre. Qui ne baigne pas en permanence dans l’électricité. La guitare est bien présente. Parfois même percutante ou dévastatrice. Mais elle peut aussi se faire acoustique. Et puis se conjuguer avec des tas d’autres instruments, comme le xylophone ou se fondre dans les arrangements. Sans quoi la plaque est partagée entre titres allègres, tantôt britrock (le très ‘blurien’ morceau maître), post punk voire new wave (NDR : en grattant bien, on finit par déceler des traces de Pretenders, Devo, Talking Heads, Joe Jackson et d’XTC), post grunge (Foo Fighters ?) mais surtout pop. A cause de ce sens mélodique souvent contagieux. On a quand même droit à quelques titres plus aventureux. Tout d’abord « Firebird ». Un morceau balayé de chœurs qui pourrait servir à une B.O. pour dessins animés. Des chœurs, mais staccato, qu’on retrouve sur le tout aussi étrange « Full circle ». Une ballade mid tempo délicate et enchanteresse aussi : « Cinnabar ». Un enchantement qui se prolonge sur « Wrong notes », un morceau tout aussi subtil, mais plus complexe. Bref, une bonne surprise pour cette artiste qui manifestement a cherché à nous entraîner vers de « New worlds »…

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