Fred Deltenre (chant, guitare) et Joffrey Goart (drums) sont bruxellois. Leur musique n’est ni contemporaine, ni revivaliste. Pas question de néo new wave, de pyché folk ou de post rock chez ce duo, mais une forme de roots music fortement inspirée du blues américain sudiste. Les Terrils établissent ainsi un dialogue entre une guitare au son bien gras et une batterie montée sur ressorts. En outre, les lyrics sont exprimés dans la langue de Voltaire. Un pari osé, il faut le souligner.
Dans ses textes, Fred Deltenre aborde les grandes questions sociétales. Sans jamais déraper dans la contestation révolutionnaire puérile. Privilégiant les exercices de style métaphoriques tout en se nourrissant d’humour noir. « La télé a tué ma femme » stigmatise la médiocrité de la surconsommation médiatique. Sur « J’m’orientalise », Les Terrils osent la différence : ‘J’connais l’histoire, tout nous sépare. Ben pour moi il est trop tard hein ! Car leur culture a fait le mur ; si j’vous l’assure’. Quant au titre maître, il s’attaque tant aux problèmes politiques, écologiques que sociaux. Bref, la prose proposée tout au long de cet elpee est une véritable mine d’or…
Musicalement, on reste cependant parfois sur sa faim. Les morceaux ont parfois tendance à tirer un peu trop en longueur. Quand ils n’adoptent pas un ton trop similaire. Le carcan minimaliste y est sans doute pour quelque chose. Néanmoins, l’originalité de l’ensemble nous préserve de la lassitude. Faut dire que dans leur style, Les Terrils ne doivent pas craindre la concurrence ; car elle n’existe pas… encore.

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