La discographie de Lou Barlow est impressionnante. Que ce soit à travers Dinosaur Jr récemment reconstitué), Sebadoh, Folk Implosion, Sentridoh ou ses multiples coopérations. Mais curieusement et officiellement, ce « Goodnight unknwon » ne constitue que son second elpee, paru sous son patronyme. Il fait suite à « Emoh », gravé en 2005.
La vie affective de Lou Barlow est tumultueuse. Quatre mariages, un divorce, deux fois veuf, il (suivant les infos recueillies dans les médias) a vécu des histoires d’amour en compagnie de 27 petites amies. Une mode de vie qui nourrit allègrement ses lyrics, véritables contes de déception romantique empreints de désir, de concupiscence et d’angoisse.
Pour enregistrer « Goodnight unknown », Lou a reçu le concours de quelques collaborateurs. Tout d’abord le fidèle Imaad Wasif (Yeah Yeah Yeahs, Alaska !), Lisa Germano, l’ex-bassiste de Soul Coughing, Sebastian Steinberg, le drummer des Melvins, Dale Crover, ainsi qu’Andrew Murdock à la production.
Découpé en 14 fragments en un peu plus de 37 minutes, cet opus privilégie le format acoustique. Lo-fi si vous préférez. Et bien sûr, les ballades mélancoliques. Déchirantes, douces, sinistres, méditatives, ténébreuses ou denses, elles peuvent même évoquer un certain Nick Drake. A cause de ces accords de sèche discordants ou subtilement psychédéliques. Et puis de la voix bouleversante de Barlow. Soutenu par un accordéon, « Gravitate », en est certainement la plus belle illustration. Tout comme « Faith in your heart », un morceau délicatement traversé d’un zeste d’électricité. Mais le plus intéressant procède des titres les plus percussifs. Abordés dans l’esprit des Dodos. Et je pense tout particulièrement au passionné et contagieux « The right », ainsi qu’à l’intense et tourbillonnant « One machine, one long fight ». En fait, c’est dans ces circonstances qu’on se rend compte du travail accompli par Dale. Et pas seulement parce qu’il met toute la gomme sur les deux morceaux les plus rock de l’opus ; soit le très groovy « Sharing » et le luxuriant titre maître. Les deux premières plages de l’opus, par ailleurs.
Un album fort intéressant, notamment pour son incursion dans l’univers de la percussion. Et puis, si vous appréciez l’œuvre de Lou Barlow, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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