Insolite ! D’abord, à cause de ce patronyme étrange. Et puis de sa musique à la fois hybride et imprévisible. « BiRd-BrAiNs » réunit 13 comptines folk détraquées, susceptibles de ravir les fans de CocoRosie. Rien d’aussi délicatement tordu ne nous avait été proposé depuis les méfaits perpétrés par les sœurs Cassidy. Signe qui ne trompe pas, le premier essai de cette artiste prometteuse est paru chez 4AD, boîte dont la notoriété est plus qu’établie…
De son véritable nom Merril Garbus, tUnE-yArDs nous vient de Nouvelle-Angleterre (NDR c’est au Nord-est des Etats-Unis), une région dont la chaleur estivale de l’été contraste avec le froid mordant de l’hiver (NDR : nous ne sommes pas loin du Canada).
« BiRd-BrAiNs » (NDR : amis artistes, pensez aux pauvres chroniqueurs qui doivent transcrire votre patronyme ou le fruit de vos élucubrations) réunit 13 morceaux sculptés dans une lo-fi chaleureuse ; des compos enregistrées en solitaire, probablement dans sa chambre (NDR : comme le veut la tradition), pour lesquelles elle s’est servi d’un éventail très large de samples, filtres, effets et boucles. Serions-nous en présence d’une ‘M.I.A. des bois’ ? Le New-York Times n’a pas hésité à comparer ses travaux à une rencontre réussie entre Aretha Franklin et Yoko Ono. Pourquoi pas ? Pourvu qu’elles soient décalées, toutes les définitions me semblent plausibles.
Merril joue essentiellement de l’ukulélé et de la guitare ; mais se sert également d’une belle panoplie d’instruments singuliers, sans jamais se départir de son aisance naturelle à en disposer. Et puis, il y a son timbre vocal de lutin, tantôt masculin, tantôt féminin, qui convient parfaitement à cette musique foutraque et ludique.
Constamment triturés, les rythmes et les sonorités évoluent paradoxalement au cœur d’un univers sonore folk paisible. Une toux sèche enfantine balise « Jamaican » ; et le résultat est aussi étonnant que réussi. « Hatari » s’aventure en terres africaines, et va même au-delà des incursions opérées par un Vampire Weekend. Malgré le format folk, « Lions » et « Fiya » émargent au R’n’B… Le hip hop et le funk sont même visités, sur cette plaque. Un reproche ? Le ton. Un peu trop monocorde à mon goût ; et sur la longueur, il peut même finir par agacer… Sans quoi, si la raison (NDR : ou le business) lui conseillait de canaliser davantage son inspiration, personnellement, je préfère qu’elle continue allègrement son travail d’expérimentation. Au moins, elle a l’audace de se démarquer du ‘mainstream’, en privilégiant la créativité. Et tant pis s’il subsiste quelques déchets ; suffit alors de faire le tri…

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