Après plus de 15 années d’absence, le poète Gil Scott-Heron signe son grand retour. Considéré comme l’un des pères du hip-hop voire même le Bob Dylan noir, il est devenu une figure emblématique chez lui, aux Etats-Unis. Fils du footballeur jamaïcain Gilbert St Elmo Heron, Gil pratique le spoken-word, une forme de poésie orale rencontrée notamment chez Allen Ginsberg, Saul Williams, Jello Biafra ou encore Henry Rollins ; mais un art qui ne suscite guère d’enthousiasme sur le Vieux Continent. Faut dire que pour pouvoir l’apprécier, il est indispensable de disposer d’une excellente connaissance de la langue de Shakespeare.
Les sessions d’enregistrement de cet opus ont commencé en 2007. A New York. Il réunit essentiellement d’anciennes compos jamais éditées, des réinterprétations ; mais également des extraits de son bouquin « The Last Holiday », mis en musique. Toujours pas publié à ce jour, ce livre avait été écrit en 2003.
On a ainsi droit à de l’électro dubstep primitive sur la pépite « Me And The Devil » ou encore des claquements de mains sur fond de basse blues lors de l’excellente plage expérimentale, « New York Is Killing Me ». Baignant au sein d’un univers hanté par la soul, le jazz et le hip-hop, mais également l’esprit des 70’s, Gil Scott-Heron jongle avec les mots. De son timbre charismatique, il souffle un véritable vent de fraîcheur tout au long d’une œuvre intense, profonde, pour laquelle il a pu bénéficier de la collaboration de Richard Russell, tête pensante de l’écurie XL Recordings. Et aussi producteur. Il a d’ailleurs accompli un boulot phénoménal pour mettre son nouveau poulain dans les meilleures conditions de travail. Et le résultat est tout bonnement magique. Assurément l’un des premier ‘musts’ de l’année 2010 ! Gil Scott-Heron est aujourd’hui âgé de 61 balais, mais il vient sans doute de poser les premiers jalons de sa future intemporalité…

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