Non, Bosque Brown n’est pas une cantatrice dont la jolie voix domine cet album ; mais un groupe drivé par la très talentueuse chanteuse (of course !), et également compositrice Maria Lee Miller. Encore une Texane ! Mais issue de Denton. Lorsqu’on parle du Texas, inévitablement, vous pensez à son folklore (les cowboys, le rodéo, les westerns) ou alors à ses hydrocarbures. A moins que vous ne songiez à la technologie aérospatiale. Voire à J.R. Ewing (NDR : figure notoire de la saga ‘Dallas’ !) ou encore Georges W. Bush… Musicalement, c’est plutôt du côté de Midlake, de Spoon, des frères Nourallah ainsi que de Shearwater que mes idées se focalisent…
Maria a opté pour le patronyme de Bosque Brown, en référence à une rivière texane coulant dans sa ville natale de Stephenville (NDR : c’est toujours au Texas). « Baby » constitue son second opus. Il fait suite à « Plays Mara Lee » et à « Cerro Verde », deux Eps parus successivement en 2005 et 2006. Peu connue en Europe, cette formation a été découverte aux States par Damian Jurado.
La principale force de Bosque Brown procède donc de la voix de Maria Lee Miller, souvent doublée par celle de sa sœur, Gina. Un timbre que les mauvaises langues estiment trop proche de celui de Cat Power, Alela Diane ou Joanna Newsom. Un reproche qui n’engage que ces détracteurs. Et pour cause, les trois compos interprétées a capella, par Maria, sont tellement bouleversantes. Trois interludes intitulés « On and Off » au cours desquels sa voix, à la fois belle, puissante et fragile, vous retournent littéralement l’âme. Des intermèdes qui permettent en même temps de souffler entre les quatre segments que comporte cette œuvre.
Le reste de l’elpee propose dix comptines sculptées dans un folk sombre, mélancolique, mais non dénué de charme, qu’on imagine facilement issu de la bande-son d’un film réalisé conjointement par Tim Burton et John Ford. Piano, guitare, pedal steel, claviers et percus aussi discrets qu’efficaces colorent parcimonieusement l’instrumentation minimaliste. Une instrumentation qui paradoxalement nous invite à parcourir les grands espaces du Sud des Etats-Unis. Les lyrics traitent d’ailleurs de la vie quotidienne, de l’amour et de l’espoir entretenu au sein d’une petite bourgade texane… quelque part dans l’Ouest américain rural. Du tracklisting, j’épinglerai également « Oh River » et « So Loud ». Deux titres qui m’ont particulièrement fait vibrer.
Après Emily Jane White, cette jeune artiste particulièrement douée vient enrichir la scène made in Midwest. Et Tom Sawyer en serait probablement tombé amoureux…
En concert à la Maison de la Musique à Bruxelles le 10 mars prochain…

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