Dire que les fans l’attendaient depuis longtemps est un doux euphémisme. Quinze longues années après la sortie de « Mr. Moonlight », le nouvel album de Foreigner débarque enfin. L’inquiétude et l’anxiété des aficionados du rock racé de la formation anglo-américaine manifesté à l’égard du contenu de cette nouvelle galette est probablement à son comble. En effet, il ne reste plus grand-chose, aujourd’hui, du line-up qui, de la fin des seventies à la moitié des eighties, a enregistré les plus grands hits du groupe. Et, la peur d’avoir la mauvaise surprise de découvrir un Foreigner dont la musique n’aurait pas grand-chose à voir avec celle de la mouture première est bien présente.
Du line up original, il ne reste plus que Mick Jones. En bon capitaine, il a refusé de quitter le navire. Au lieu de laisser couler son embarcation, il a préféré recruter un nouvel équipage.
Suivant la trace de ses collègues de Journey, pour remettre son embarcation à flots, le Capitaine Jones a recruté un nouveau vocaliste et signé un contrat de distribution exclusif pour les Etats-Unis avec la chaîne de supermarchés ‘Walmart’. Cependant, a contrario du groupe de Neal Schon, Foreigner n’a pas recruté un ‘frontman’ amateur sur base de vidéos diffusées sur Youtube. Il a confié ce job à un vétéran de la scène hard rock américaine : Kelly Hansen, un ex-Hurricane. A cet égard, il faut avouer que Jones a eu du flair. En choisissant un chanteur dont le timbre vocal est très proche de celui de Lou Gramm, il évite de déstabiliser ses fans. Il suffit d’écouter « Can’t Slow Down », le titre d’ouverture de l’album pour que toutes les frayeurs soient balayées. Foreigner sonne toujours comme Foreigner et Kelly Hansen, magnifique, n’a aucun mal à remplacer son illustre prédécesseur.
A l’instar de la voix d’Hansen, les nouveaux titres composés par Jones et de ses nouveaux compagnons rassurent le fan de la première heure. L’elpee alterne, comme dans le passé, titres rock racés et ballades langoureuses ; et nous avons même droit à une pléthore de hits potentiels ; notamment « When it comes to love » et « I’ll be home tonight ».
Foreigner est l’un de ces groupes que l’on aime comme il est et que l’on n’a pas vraiment envie de voir évoluer. De ce côté-là, c’est gagné. Magnifique retour pour ce combo qui a marqué l’histoire du rock mélodique.
Signalons pour terminer qu’il existe une version deluxe (3 CDs) de « Can’t Slow Down ». Outre le nouvel album (treize titres produits par Marti Frederiksen (Aerosmith) et Mark Ronson (Amy Winehouse), le package comprend un Cd live intitulé « Foreigner Live » enregistré à Las Vegas en 2005 (jamais sorti –officiellement– à ce jour) et un Dvd réunissant entre-autres, des interviews, des reportages sur la tournée européenne du band et des titres immortalisés live.

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