Fondé en 1984, séparé une première fois en 1996, reformé en 2001, (re)séparé en 2004, à l’issue de leur 1 000ème prestation live, et reconstitué en 2004, ce groupe new-yorkais compte à ce jour 10 elpees à son actif. Un groupe plutôt atypique dont le style peu conventionnel, parfois surréaliste, audacieux (NDR : le recours aux cuivres), aux lyrics controversés (NDR : traitant de sujets aussi sulfureux que la perversion, le suicide, la pédophilie, la violence conjugale ou encore la sexualité décadente) a toujours évolué quelque part entre métal, pop, psychédélisme, cabaret, punk et post punk. Pas étonnant qu’il relève du label Alternative Tentacles.
« Ten glorious animals », leur nouvel opus, surprend encore. Mais beaucoup moins. Plus éclectique, il lorgne davantage vers la pop. Mais il recèle encore son lot d’insolite. Découpé en 11 plages, il s’ouvre par un titre aux climats contrastés. Son titre ? « Mrs Carradine ». Un morceau balisé par des accords de piano tour à tour ténébreux et allègres, voire swinguants. Alimenté par des bourdonnements électriques grésillants, vaporeux, « No more room » semble coincé entre l’univers de Jesus & May Chain et celui de Primal Scream (NDR : cherchez l’erreur !). Tout au long de « Wide », Tomas Antona emprunte les inflexions de Jello Biafra (NDR : cherchez encore l’erreur !), une compo alimentée par des riffs de guitare malsains, torturés, réminiscents du « Sister » de Sonic Youth. Basiques, « Don’t I know » et « Lorelei & Henry » sont certainement les deux plages les plus faibles du long playing. Du sous-Breeders. Blues urbain, « Shiloh » nous plonge dans l’univers le plus sombre de Nick Cave, nonobstant les accès épisodiques de riffs de guitare ‘pixiesques’. Une référence que l’on retrouve en finale. Et pour cause, Alice Donut y réalise une remarquable version, mais instrumentale, du « Where is my mind », parcourue d’un trombone ! Plus lent et théâtral, « Esophagus » est certainement le titre le plus luxuriant. Tout comme « Old dominion », une composition capricieuse, enrichie de sonorités singulières, hantée par l’esprit de Bauhaus. Slide ou guitare glissando ou encore banjo, tout est tellement trituré qu’on éprouve d’énormes difficultés à reconnaître les différents instruments. Alice Donut tâte également du glam. D’abord sur « Prog Jenny », le meilleur fragment de la plaque. En adressant un clin d’œil à la version du « The hurdy gurdy man » de Bowie (NDR : c’est une compos signée Donovan !), cette plage parvient à déraper dans un psychédélisme insolent, digne de l’album « Ziggy Stardust ». Et enfin « The cavalry » goûte également au glam, mais acoustique. « Ten glorious animals » n’est manifestement pas le meilleur opus d’Alice Donut, mais il tient honorablement la route…

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