José James est un mec talentueux. Il est à peine âgé de 14 ans, lorsqu’il entend pour la première fois l’hymne jazz « Take The A Train » du grand Duke Ellington. Il en est profondément marqué. Et il abandonne ses partitions de hip hop pour se consacrer au jazz. Au fil du temps, sa palette d’influences s’enrichit. Lester Young, Billie Holiday ou encore Charlie Parker servent alors de guides au jeune Américain. Mais son succès, il le doit à « Equinox » (2007), une compo signée John Coltrane (NDR : devenu depuis sa référence principale) que le New-yorkais retravaille, de manière ingénieuse, en y posant sa voix douce comme le miel. A l’âge de 17 ans, James se produit dans les clubs ; et le public est de plus en plus impressionné par son talent. La suite est presque déjà tracée dans l’histoire du jazz. En 2006, alors qu’il participe à un concours de jazz à Londres, José est repéré par Gilles Peterson, fondateur de toute une série de labels, dont Acid Jazz et Talkin’Loud, et animateur à la BBC. Il le signe sur une autre de ses écuries, Brownswood Recordings. Et notre yankee de publier publie son premier opus, « The Dreamer ». Un disque unanimement apprécié par la critique spécialisée. Le succès est déjà au rendez-vous. A seulement 28 ans, José James, déjà comparé à Gil-Scott Heron, détient alors les clés qui ouvrent les portes d’un jazz contemporain, un jazz teinté de soul et de hip hop.
Pour son second album José James ne s’est pas planté. Pourtant, après avoir écouté le premier morceau, « Code », sur lequel Flying Lotus (oui, oui, celui de Warp) est venu apporter son concours à la production, on était en droit de se poser des questions. Et pour cause, trempée dans le R&B, cette plage flaire un peu moisi. Mais le reste, ce n’est que du bonheur ! Rapidement, son jazz chaud, urbain, limpide, rythmé et tendre comme du marshmallow refait surface ! Sa maîtrise vocale est stupéfiante. Il pose ainsi son timbre fluide sur une texture hip hop (« Lay You Down »). Il prend son pied en abordant le jazz plus classique aussi (« Touch »). Ou encore en adaptant à la sauce jazzyfiante le classique dubstep de Benga, « Emotions » (« Warrior »).
Outre Flying Lotus, Moodyman et DJ Mitsu se sont partagé la production de « Blackmagic ». Une œuvre de jazz contemporain, qui pourrait se révéler rapidement intemporelle. A presque 30 ans, José James semble avoir atteint la pleine maturité. Il n’est pourtant qu’à l’aube d’une brillante carrière. Et franchement, déjà, il impressionne. Il se produira ce 24 mars à l’AB de Bruxelles, mais c’est déjà sold out. Pas étonnant…

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