Eagle Seagull ! C’est le type de pseudo que l’ornithologue Jonathan Meiburg (Shearwater) aurait adoré. On imagine alors un univers sonore étrange, traversé par un oiseau de grande taille, les ailes toutes grandes déployées, au-dessus des flots de l’océan. Beau et ambitieux à la fois… Sous ce patronyme, se cache cependant une formation américaine. Issue de Lincoln, dans le Nebraska. Fondée en 2004 et peu connue chez nous, elle avait déjà commis un premier album en 2006 et un Ep en 2008. Eli Mardock est le leader de ce quatuor.
Eagle Seagull pratique une musique empreinte de lyrisme et de mélancolie. Mais une mélancolie qui peut se muer en joyeux bordel. A un tel point qu’elle peut engendrer un sentiment d’optimisme. Les parties vocales sont propices à l’exaltation de l’âme. Les crescendos irrésistibles. L’instrumentation est soignée et mélodieuse. Bref, leur mélange subtil entre rock et new wave, évoque tour à tour Arcade Fire (« I Don’t Know if This is Ignorance or Transcendence »), Pulp (« I’m Sorry but I’m Beginning to Hate your Face »), Get Well Soon (« We Move Like Turtles Might ») et surtout David Bowie. Ces oiseaux de mer arborent un plumage largement suffisant pour séduire le plus grand nombre ; mais pour l’instant, doivent se contenter d’un malheureux succès d’estime. Un sort injuste tant les compositions de « The Year of How-To-Book » sont belles, émouvantes, intenses et excitantes. Mention spéciale, cependant, aux irrésistibles « You Can’t Call Yourself a Secret » et « I’m Sorry But I’m Beginning To Hate Your Face », dignes des meilleures compos de Jarvis Cocker ! Produit par Ryan Hadlock (The Gossip, Blonde Redhead), cet opus a été judicieusement enrichi d’arrangements de cordes ainsi que de chœurs allègres mais classieux.
Eagle Seagull se produira ce 27 avril au Witloof Bar du Botanique et le 28 au Cactus à Bruges. Une bonne occasion de les découvrir dans un environnement intimiste, avant que les salles de plus grande capacité leur ouvrent les bras…

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