J’avoue avoir rarement entendu un nom de groupe aussi original. Pas vraiment séduisant, mais au moins, ce patronyme a le mérite de nous annoncer l’ambiance au sein de laquelle leur musique macère ; soit une atmosphère malsaine, glauque et inhospitalière. En effet, ce patronyme rappelle un ancien rituel célébré par les sorcières pour invoquer le malin. Tout un programme !
Le troisième opus de KTAOaBC est paru chez Conspiracy. Stef Heeren a donc délaissé le label gantois KRAAK, pour se réfugier auprès d’une écurie jouissant d’une plus grande notoriété. Et pour cause au sein de ce label, militent des groupes comme Red Sparowes, Year Of No Light ou encore Nadja.
« The Nebulous Dreams » propose 3 morceaux en à peine 30 minutes. Une œuvre qui nous entraîne au cœur d’un univers trouble, étrange, et surtout rarement exploré par un groupe bien de chez nous. « Between Skylla And Charybdis » ouvre l’elpee. Une plage de 15 minutes au cours de laquelle des bruits stridents envahissent une solution sonore texturée par des violoncelles en couche, des nappes d’orgue et d’autres instruments indistincts. Progressivement un tempo lent, accablant s’impose. A l’issue d’un crescendo de 8 minutes, on se retrouve aux portes des ténèbres. C’est alors que Stef Heeren pose son timbre grave, tel un prédicateur. Il met alors un terme à cet office dark folk. Une intervention que n’aurait pas reniée David Eugene Edwards (Woven Hand) ou encore Nick Cave. Place au drone ensuite. Un drone hypnotique, sordide, gothique, écrasant, hanté de chœurs macabres, qui enveloppe « Dypthich » de mystère. Il faut attendre le dernier morceau de ce mini-elpee pour s’extraire quelque peu de cet univers tourmenté. Pas au point de faire la fête, néanmoins. Un peu moins glauque, « Miserere » conjugue accords de guitare acoustique et chœurs mystiques. De quoi ramener un peu de sérénité, au moment d’achever ce « Nebulous Dreams »…
La musique de Kiss The Anus Of a Black Cat évolue à la croisée des chemins de Sunn O))), Woven Hand et Nick Cave. Mais si elle est particulièrement sombre, elle est aussi très belle. Pas très accessible au mélomane lambda, je l’avoue. Stef Heeren a plus que probablement un don pour provoquer la nausée chez les âmes sensibles. Quoiqu’il en soit à l’écoute de ce « Nebulous Dreams », impossible de rester indifférent. Vous êtes prévenus !

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