Si vous êtes trentenaire, avez grandi à l’écoute du phénomène Guns N’Roses ainsi que vécu l’avènement du Grunge (Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden,…), Blind Melon constitue pour vous un groupe-phare issu des 90’s. Presque un classique, quoi ! Mais Blind Melon est surtout devenu notoire, pour avoir publié un elpee éponyme en 1992, sur lequel figurait le futur tube « No Rain », une compo dont le clip est devenu culte (NDR : on pouvait y observer une abeille empâtée, exécuter des pas de danse). Un épisode qui leur avait permis d’atteindre le sommet des charts ; et puis surtout d’ouvrir pour des artistes ou des groupes aussi légendaires que Neil Young, The Rolling Stones ou encore Guns N’Roses. Il faut dire que l’ami d’enfance de Shannon Hoon, vocaliste du groupe, n’était autre qu’Axel Rose. Ce dernier l’avait d’ailleurs invité à chanter sur quelques-unes de ses chansons. Véritable OVNI musical, Blind Melon évoluait alors hors des sentiers battus. Son style ? Il le puisait essentiellement dans le rock classique. Et en particulier chez Grateful Dead, Led Zeppelin, le Velvet. Et bien sûr au sein de la scène ‘seattlenesque’ de l’époque. Le tout était souligné par la voix nasillarde, très caractéristique de Shannon Hoon. Malheureusement, la suite des événements va tourner au drame. Shannon est de plus en plus accro à la came. Et en 1995, lors de leur tournée destinée à promouvoir leur deuxième long playing, « Soup » (NDR : pas vraiment une réussite !), il succombe à une overdose. Il était âgé de 28 ans. Cette disparition sonne le glas de l’aventure de Blind Melon, même si quelques disques posthumes, dont « Nico » en 1996, ainsi que quelques compiles, verront le jour au cours de la décennie qui va suivre… De quoi faire marcher le business…
Au cours de cette longue période, les ex-membres du groupe empruntent des chemins différents. Soit en fondant leur propre band, soit en incorporant une formation existante. Mais vraiment rien de transcendant. Treize années plus tard, les musiciens décident de se réunir. Et de recommencer l’aventure. Ils auditionnent toute une série de vocaliste ; et portent finalement leur choix sur l’ex-Rain Fur Rent, Travis Warren. Et la nouvelle mouture de Blind Melon enregistre un troisième album, intitulé « For My Friends ».
On se demandait quand même quel allait être le résultat de ce come-back. Pas trop mal, il faut le reconnaître. Les références rock classiques, sont toujours bien présentes. Pourtant quelques titres (« Sometimes », Tumblin’ Down », « Last Laugh ») recèlent des accents pop davantage ‘beatlenesques’. Quant au timbre de Travis Warren, il campe un hybride entre celui de Shannon Hoon et d’Elliot Smith (NDR : oui, je sais, cette analogie est plutôt morbide…) Ce qui finalement, confère à sa voix une spécificité bien personnelle. Quant à cet opus, il a le mérite d’aller au-delà du revivalisme et mérite donc une certaine attention.
Une chose est sûre, en concoctant « For My Friends », Blind Melon vient de rouvrir un livre dont en pensait l’histoire terminée. Comme quoi, il ne faut jamais jurer de rien. Evidemment, ce n’est pas ce type de musique qui va nous rendre notre jeunesse. Mais puisque Kurt Cobain n’est plus et que Guns N’Roses ferait mieux de plus être, pourquoi Blind Melon ne pourrait-il pas renaître…

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