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Passer la frontière

Écrit par - Luc Herpoel -

Quatre ans déjà que la bande de joyeux Liégeois a sorti son premier album. Des dizaines de dates et quelques voyages plus tard, les deux Nicolas, Brian, Raphael, Renaud et Xavier se sont remis au boulot et ils nous proposent aujourd’hui « Passer la frontière ». Pourquoi un tel titre ? Simplement parce que durant plus de deux ans, ils en ont passé pas mal ‘des frontières’ ; justement pour défendre leur musique et livrer leur vision personnelle de l’échange opéré auprès du public. En outre, il s’agit du premier titre composé, lors de leurs sessions d’enregistrement.

« Dis-moi encore » est encore tellement frais dans nos mémoires qu’il va falloir s’habituer à un certain changement et même un changement certain de la part d’Eté 67. En effet la variété pop de très bonne qualité a cédé sa place à un style beaucoup plus dépouillé ; on plonge même ici dans les profondeurs du rock, du folk et du blues. L’opus recèle quand-même l’un ou l’autre morceau plus léger, à l’instar de « Dans ma prison », le single actuel, histoire de se reposer un peu entre deux décharges bien électriques ; mais un morceau un peu faiblard en comparaison du reste des nouvelles compositions!

Cet album, ils l’ont écrit et produit eux-mêmes, aidés par Renaud Houben au mixage. Antoine Wielemans, chanteur des Girls in Hawaii a consenti un duo sur « Une vie saine », une chanson aux couleurs ‘blues’ bien prononcées. Et ce n’est que le tout début de leur transformation. Car on sent que le band a mûri, grandi. A croire qu’ils sont passés de l’adolescence à l’âge adulte. Une frontière de plus franchie ? Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? Et on voyage durant toute l’écoute de l’album. On a l’impression d’être à La Nouvelle Orléans en écoutant « Loin d’ici », un morceau dynamisé par des rythmes louisianais et enrichi de superbes cuivres, dont une clarinette une et trompette. « Hôtel Délirium 9 » nous précipite dans l’univers des Doors. Celui de Los Angeles, très exactement. A cause de ces riffs enflammés et de ses lyrics bien torchés. « Drogue douce » prend encore un peu plus de hauteur, et jette un œil sur l’histoire du rock’n’roll, en ressuscitant, au passage, la flûte enchanteresse du ‘Jethrotullien’ Ian Anderson. Dans la foulée, « Plus tôt que prévu », le morceau d’entrée, creuse encore plus loin dans le temps. Plus basique, il frôle même la frontière (une de plus) du rockabilly des Stray Cats. Un traitement country est réservé à « Le cow-boy tout nu ». Un excellent exercice de style souligné de textes à la fois hilarants et subtils. « Romans de gare » rend hommage à Simenon. Un autre périple temporel, opéré du côté des années 30 et de ses années folles. Et on ne s’arrête pas en si bon chemin ! L’excellent « Pourboire » marque un retour au blues/pop. Impossible de rester en place à l’écoute de cette compo. Soit vous battez la mesure des doigts ou du pied. La réaction est instinctive. Finalement, après avoir digéré les 14 plages de « Passer la frontière », on se demande si « Dans ma prison » n’est pas le titre le moins en phase avec le renouveau de la formation. Mais il constitue, sans doute, le trait d’union entre les deux albums… Un opus qui s’achève par « Retour à Elisabethville », un instrumental qui clôt magnifiquement, mais de manière assez sombre, ce bien bel ouvrage…

Eté 67 sera tête d'affiche de la Nuit belge aux Nuits Botaniques le 11 mai, puis enchaînera son périple de tous les festivals (Dour, Les Francos...), au cours de cet été. Ne les manquez surtout pas et n’hésitez pas à acheter ce cd : c’est du bon et c’est du belge, une fois de plus !!!

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Eté 67
  • Genre: Chanson française
  • Label Prod: Team 4 Action / Pias
  • Date: 2010-03-29
  • Rating: 4
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