Difficile de croire, en écoutant leur nouvel elpee, que les Scorpions vont partir à la retraite. Et pour cause, tout au long de ce nouvel opus, on a l’impression que la formation de Hanovre a retrouvé le feu sacré. « Sting in the Tail » constitue manifestement la piqûre la plus venimeuse, administrée par le redoutable arachnide, depuis « Crazy World ». Et si l’œuvre consacre un véritable testament pour le groupe, Klaus Meine, Rudolf Schenker et Matthias Jabs tirent leur révérence, en manifestant panache et grande classe. Après avoir vécu un âge d’or commercial de 1982 à 1990, les Scorps ont vivoté jusqu’en 2004, entre expérimentations loupées (« Eye to Eye ») et vide artistique total (« Unbreakable »).
En bénéficiant du concours de deux producteurs suédois, en l’occurrence Mikael Nord Andersson et Martin Hansen, la bêbête est de nouveau parvenue à s’immerger au sein des sonorités typiquement eighties. Les plus puristes des fans clameront haut et fort qu’on est loin de la folie métallique d’un « Blackout » et que trois ballades un tantinet sirupeuses c’est un peu beaucoup pour un retour en force.
On ne peut nier que « Lorelei » et « Sly » sont loin d’atteindre les sommets émotionnels libérés par « Holiday » ou « When the Smoke is Going Down » ; mais ce sont surtout les hymnes hard rock de « Sting in the Tail » qui font la différence. Et tout d’abord la tuerie « Raised on Rock », dont la si typique ‘talkbox’, utilisée lors du hit planétaire « The Zoo », ouvre le feu. Le titre maître ne manque pas d’allure, non plus. A cause de ce refrain entêtant réminiscent de l’époque « Lovedrive ». Et le terriblement heavy « Slave Me » est loin de faire pâle figure. Plus lyrique, « The Good die Young » est un single en puissance. Le timbre vocal de Klaus Meine est plus grave. En outre –et c’est une bonne surprise– il est soutenu par celui de l’ex-Nightwish, Tarja. Classic 21 le programme même à l’heure où les ménagères sont aux fourneaux. « No Limit » fait mouche dès la première écoute. Meine y est époustouflant et le refrain à la « Def Lep » tout simplement irrésistible. Hormis les ballades, le reste est de la même trempe. Mention spéciale, quand même, à « Rock Zone », le skeud le plus violent signé par le combo depuis le classique « Dynamite ».
En conclusion, cet elpee évolue dans un registre extrêmement familier aux aficionados des Teutons. Bien sûr, ce disque ne propose rien de révolutionnaire, mais il risque fort de devenir un classique, au même titre que « Crazy World ». Chapeau bas !

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