A l’instar de M.I.A. ou encore Santigold, la Roumaine Miss Platnum fait des ravages. Mais en Allemagne, pays où elle a élu domicile lorsque sa famille s’est exilée, il y a une vingtaine d’années. En 2007, elle publie « Chefa », son premier elpee. Un disque qui reçoit des échos plus que favorables de la part de la presse musicale. En fait, pour enregistrer cet opus, Ruth Maria Renner (NDR : c’est son véritable nom) est parvenue à se construire un univers bien personnel. Un univers imaginaire, au cours duquel elle n’hésite pas à emprunter toute une série de clichés, colportés à l’égard de son pays natal. Miss Platnum est aujourd’hui âgée de 29 ans. Et l’Europe est à ses pieds, depuis la sortie de « The Sweetest Hangover ». Pourtant, son parcours aurait pu mal tourner, si elle n’était pas parvenue à surmonter ses problèmes liés à l’alcool et à la drogue. Une addiction qu’elle combat depuis ses 18 printemps. En recherche constante d’identité, Ruth va devoir retourner à ses racines pour s’en sortir. Aujourd’hui, son cocktail de R’n’B et d’électro, parfumé de sonorités orientales et balkaniques rencontre un succès certain. Pour le commun des mortels, on dira qu’elle est parvenue à tirer parti de ses échecs du passé et qu’elle est arrivée au sommet de la gloire. Pour le véritable mélomane, la réaction est totalement différente. Et pour cause, si les compos sont bien balancées, il faut reconnaître qu’au fil du sillon, les sonorités concentrées à l’Est finissent par taper sur le système. Un peu trop répétitives, sans doute. En outre, les beats dispensés sont loin d’être originaux. En ajoutant la voix de cantatrice R’n’b adoptée par Ruth, la coupe est rapidement pleine. Et pourtant, l’elpee s’ouvre par une plage de bonne facture. Intitulé « Why Did You Do It », ce morceau claque littéralement. Mais rapidement, on se rend compte que la Roumaine puise un peu trop son inspiration chez M.I.A. (« Drink Sister Drink »). Et lorsque qu’elle ne pille pas l’univers de la Britannique, c’est alors chez Beyonce qu’elle calque son profil ; mais une Beyonce qui aurait décidé de suivre un séminaire dans les Carpates (« The Long Goodbye »). On a même droit à une cover soporifique du « Babooshka » de Kate Bush, une version susceptible de vous plonger, au sein d’un profond ennui.
Il faut craindre que Miss Platnum ne doive se remettre au goulot pour retrouver l’inspiration…

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