La carrière de Steve Hackett force le respect. Né à Londres en 1950, cet Anglais jouit d’une solide réputation dans l’univers du rock progressif. Il a d’ailleurs été un des piliers du line-up classique de Genesis. De 1972 à 1977, il a ainsi enregistré huit albums en compagnie de Peter Gabriel, Phil Collins, Mike Rutherford and Co. Il a également participé à l’aventure de l’excellent combo GTR. Fondé en 1986, il impliquait également Steve Howe (ex- Yes et Asia). Un projet qui s’est trop rapidement évaporé, après un unique essai discographique. Depuis 1987, le guitariste poursuit une carrière solo plutôt fructueuse.
En matière de guitare, Steve Hackett est un touche-à-tout. De l’électrique à l’acoustique, du rock au jazz en passant par la world, le classique, le progressif ; rien ne l’effraie. L’énorme patchwork musical que constitue « Out Of The Tunnel’s Mouth » ne démentira pas cette affirmation.
L’album démarre, un peu mollement, il faut bien l’avouer, par un « Fire On The Moon » planant et assez ‘pinkfloydien’. « Nomads » nous invite à vivre une ballade espagnole, dont les accents flamenco sont malheureusement alourdis de cordes de guitare électriques. « Emerald and Ash » passe, en huit minutes, du rock planant et progressif au guitar-rock percutant. « Tube Head » verse enfin dans le style attendu d’un album solo concocté par un guitariste. Une basse au son énorme et une batterie speedée soutiennent une guitare dégoulinante de feeling pour un titre instrumental rappelant quelque peu Joe Satriani. « Sleepers » est découpé comme un titre à tiroirs. Une guitare acoustique et un orchestre classique se promènent au fil d’un rock progressif atmosphérique. La montée en puissance électrique est inévitable et le petit duel ‘guitare solo/orchestre’ assez bluffant. « Ghost In The Glass » campe une ballade instrumentale au feeling très jazz-rock. Comme tous les six-cordistes, Hackett aime le blues et le démontre lors d’un « Still Waters » rutilant, gorgé de chœurs féminins. L’album s’achève, en apothéose, par le voyage exotique d’un « Last Train To Istambul », truffé d’instruments orientaux traditionnels et de percussions ethniques.
D’une manière générale, « Out Of The Tunnel’s Mouth » n’est pas l’album à écouter si on espère se procurer une bonne décharge d’adrénaline. Par contre, si vous êtes à la recherche de quiétude, de relaxation ou si vous souhaitez vous plonger au sein d’une ambiance feutrée consécutive à la dextérité instrumentale, ce nouvel album du virtuose anglais fera très bien l’affaire. En outre, les fans se délecteront de l’édition spéciale double digipack recelant 5 titres live et un enregistrement studio inédit.

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