Lorsque Chris Pearson et John Grant décident de mettre fin aux Czars, l’avenir du second nommé semble plombé. A l’instar d’un fil de pêche trop tendu, qui finit par céder contre une branche morte, au fond d’un lac pollué. ‘Blam !’ Les catastrophes naturelles –de type tremblements de terre ou tornades– auraient fait moins de dégâts sur le psy de John Grant, que l’échec de cette aventure. Du coup, c’est la grosse déprime. Puis, le délire et les hallucinations. Un état mental qui devient le quotidien de l’Américain. L’histoire ne le confirme pas ; mais des bruits circulent qu’il s’était enfoncé dans une forêt maudite, une corde en main. Il y avait même choisi sa dernière branche… Grant aurait alors rencontré ses amis de Midlake qui festoyaient pas loin de l’arbre en question. Ne laissant jamais tomber un pote, ils ont alors proposé à Grant de l’aider. En lui apportant leur collaboration pour coproduire un elpee. “Queen of Denmark” venait de prendre forme…
L’empreinte de Midlake est omniprésente. On y retrouve les effluves produites par les vergers sous la brise ou les sentiers battus par les vents. Cette ambiance folk délicate, empreinte de grâce et de classe. Un projet avait avorté. Un nouveau venait de naître. Sur des cendres qui auraient pu tout consumer. Et il s’est transformé en château, en temple même… Au sein duquel, une lumière envoûtante filtre à travers la nuit…
Fruit de cet échange précieux, “Queen of Denmark” crée une harmonie entre sarcasme et humour. Le sublime aussi. S’autorisant des envolées psychédéliques (« Outer Space »), des breaks mystiques (« Caramel ») ou des clins d’œil faussement décousus (« Queen of Denmark »). John Grant et Midlake viennent de commettre une œuvre qui devrait ravir tant les fans de feu The Czars que des toujours bien vivants Midlake. Foncez chez votre disquaire. Soudoyez-le, suppliez-le, mais faites en sorte qu’il alimente ses bacs de la galette confectionnée par l’Américain. S’il refuse, intentez-lui un procès…

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