L’ex-leader de Talking Heads est le responsable d’une multitude de collaborations. Parmi les plus célèbres, on épinglera son duo échangé en compagnie de l’ex-claviériste de Roxy Music, mais surtout illustre producteur, Brian Eno. D’autres sont moins notoires mais tout aussi respectables. Dont celle qu’il réalisée avec le chorégraphe belge Wim Vandekeybus ou encore la chanteuse Selena. Pour concocter ce nouvel opus, l’Ecossais s’est tourné vers Norman Cook, alias Fatboy Slim ! Ensemble, ils ont composé une sorte d’opéra dont le thème est consacré à la très controversée Imelda Marcos ainsi qu’Estrella Cumpas, la nounou du couple Marcos. Surnommée le ‘Papillon d’acier’, Imelda était l’épouse de Ferdinand Marcos et première Dame des Philippines, de 1965 à 1986. Si vous ignorez cet épisode étonnant de l’histoire, je vous invite à aller jeter un œil sur Wiki. Cette donzelle s’était ainsi offert 3000 paires de chaussures, aux frais du régime de son cher mari, avant que le couple ne soit contraint à l’exil.
« Here Lies Love » raconte donc certains épisodes de la vie de cette femme totalement extravagante. Projet ambitieux, vous vous en doutez. Pour Byrne, la vie décadente d’Imelda Marcos aurait d’ailleurs pu être traduite en une pièce de théâtre. Mais Byrne et Slim ont préféré lui réserver un opéra, en 22 chansons. Le projet a reçu le concours d’une flopée de guests, mais essentiellement de la gente féminine. Et notamment Cyndi Lauper, Alice Russell, Santigold, Sharon Jones ou encore Florence Welsh (de Florence + The Machine) ! C’est d’ailleurs cette dernière qui s’illustre sur le titre d’ouverture « Here Lies Love », un morceau tout en douceur, au cours duquel hautbois et quelques bongos donnent le ton ! Fatboy Slim ne s’est pas contenté d’écrire. Et on ressent manifestement sa patte sur plusieurs compos. Notamment ces fameux beats percutants, réminiscents de ses premiers tubes ! Le timbre de Cyndi Lauper est intact. Et elle le démontre tout au long d’« Eleven Days », plage au cours de laquelle elle injecte tout son dynamisme. Mr. Byrne se réserve quand même le chant tout au long du remuant « American Troglodyte ». Sa voix si particulière pimente un titre alimenté par quelques expérimentations sonores, un séquenceur disco et une petite guitare ‘catchy’. Tout n’est cependant pas parfait. Certaines vocalises (Camille, Tori Amos ou encore Nicole Atkins) finissent même par irriter. Un petit bémol qui ne doit pas pour autant gâcher la qualité de l’ensemble. N’empêche, il serait intéressant d’assister à la transposition en comédie musicale de cette rondelle. A quand un disque consacré à la vie de Carla Bruni ?

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