« Ghost Surveillance » constitue déjà le troisième album de ce quintette issu de Chicago. Mais il s’agit du premier enregistré chez le Cuneiform, label indépendant américain devenu notoire pour la réédition des albums de Soft Machine et de son chanteur Robert Wyatt. Pour la majorité des Européens, Algernon est une formation énigmatique. Et pourtant, fondée en 2005, elle a connu, au sein de la plus grande ville de la région du Middle West, une ascension plus ou moins rapide.
Au sein du line up, un duo de guitaristes. Dave Miller, le leader, tout d’abord. Puis, Toby Summerfield, un personnage qui a sévi tout un temps chez Larval. Le quintette est complété par le bassiste Tom Perona, le vibraphoniste Katie Wiegman et le drummer Cary Healey. Algernon parvient à mélanger une multitude de styles, tout en conservant une ligne de conduite bien précise. Si l’expression sonore trempe manifestement dans le post prog rock, elle recèle également des accès noisy réminiscents de Sonic Youth (« Objective Compromised »), des poussées jazzyfiantes alimentées par le vibraphone (NDR : « Time Killer » et l’excellent « Broken Lady » évoquent inévitablement Jaga Jazzist) et des traces de kraut rock héritées en ligne droite de Can et Neu ! Pas étonnant que tout au long de « Ghost Surveillance », l’instrumentation est riche et les climats variés. Néanmoins, si certaines plages passent facilement la rampe, d’autres exigent une concentration certaine pour vraiment être appréciées. Quelques unes poussent cependant l’expérimentation un peu trop loin et perdent alors tout intérêt… Hormis cette réserve, « Ghost Surveillance » est un petit coup de fraîcheur dans le monde du post rock. Et il en avait bien besoin…

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